AFSCA : plus de sécurité alimentaire et des consommateurs mieux informés

La sécurité alimentaire montre une évolution positive en 2019, selon l’AFSCA, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, qui publie son rapport d’activité. Plus de contrôles, des consommateurs mieux informés. Cependant, l’AFSCA épingle l’industrie agroalimentaire qui contourne les règles pour moins informer les consommateurs sur l’utilisation des additifs.

L’AFSCA se montre assez optimiste. Le baromètre de la sécurité alimentaire montre, en effet, une évolution positive de la situation générale de la sécurité alimentaire en Belgique, explique l’AFSCA. L’amélioration est d’1,3% pour 2019, par rapport à 2018. Cette augmentation est principalement due à une augmentation du nombre d’inspections favorables en ce qui concerne l’infrastructure, l’installation et l’hygiène dans l’Horeca, les cuisines de collectivité, les grossistes et les détaillants, et à une tendance à la diminution du nombre de contaminations des denrées alimentaires (notamment Salmonella, Listeria et Campylobacter, une bactérie que l’on retrouve principalement dans les aliments crus). La conformité des produits demeure en outre très élevée.

Plus de contrôles en 2019

L’an dernier, les agents de l’AFSCA ont effectué 106.552 missions de contrôle, soit environ 400 de plus que l’année précédente. Dans 86,6% des cas, les check-lists d’inspection ont été conformes. Là aussi, il y a du progrès par rapport à 2018. De plus, davantage d’opérateurs, c’est-à-dire des entreprises ou des organisations actives dans la chaîne alimentaire, ont été contrôlés, soit 57.270 opérateurs contrôlés en 2019 contre 55.08 en 2018. Chaque jour ouvrable, l’Afsca réalise environ 300 échantillonnages dont l’immense majorité (97,3%) se révèlent conformes. Chaque jour, 18 plaintes de consommateurs sont traitées.

Les industries agroalimentaires tentent de cacher la présence d’additifs

Consciente de l’importance d’un étiquetage correct tant pour les consommateurs que les producteurs, l’AFSCA effectue des contrôles réguliers de l’étiquetage des denrées alimentaires. En 2019, 86,5% des étiquettes contrôlées ont été jugées conformes. C’est une amélioration de 7,5% par rapport à 2018. Cependant, l’AFSCA souligne une tendance inquiétante dans l’industrie agroalimentaire, celle d’éviter les numéros E sur les étiquettes : " Il y a vraiment une tendance des entreprises agroalimentaires d’omettre les numéros E, les additifs sur la liste des ingrédients. Ils remplacent certains conservateurs, certains additifs par des ingrédients à connotation naturelle. Par exemple, l’acide citrique, qui est un additif numéro E330, sur la liste des ingrédients, ils vont indiquer ‘citron’, ‘acide citrique’. Or, c’est un additif, c’est utilisé comme un conservateur. Donc, il faut qu’il soit indiqué additif E330, c’est une bonne information pour le consommateur ", explique Stéphanie Maquoi, porte-parole de l’AFSCA. Même chose pour des ingrédients comme la betterave ou les épinards qui sont parfois utilisés comme colorants, ils devraient être mentionnés comme additifs, mais ne le sont pas toujours, explique l’AFSCA. On trouve aussi des extraits végétaux dans les jambons, utilisés au même titre que les nitrites comme conservateurs et qui donc, devraient être mentionnés comme tel.

Un peu moins de produits rappelés

Un système de rappel de produits efficace renforce la protection des consommateurs, souligne l’AFSCA. Selon les règles européennes, c’est aux entreprises d’organiser le rappel des produits problématiques. En 2019, l’AFSCA a consacré une partie de son temps à encadrer les entreprises qui devaient procéder à des rappels de produits. Après une augmentation en 2018, le nombre de rappels de produits est resté stable en 2019. L’AFSCA parle même d’une légère diminution avec 153 rappels de produits en 2019. Dans 83% des cas, les rappels de produits sont communiqués par les entreprises (fabricants, grossistes, distributeurs,…). Dans certains cas, l’AFSCA prend en charge la rédaction et la diffusion du rappel pour garantir au consommateur une information rapide.
A côté des rappels de produits, 86 avertissements ont été publiés, par exemple lorsqu’un allergène n’est pas mentionné sur l’étiquette ou qu’une date de péremption incorrecte est indiquée.

Enrayer les toxi-infections alimentaires collectives

L’AFSCA rappelle aussi son rôle essentiel lorsque des intoxications alimentaires se déclarent et touchent plusieurs personnes. Dans ces cas, il est probable qu’il y ait un lien de causalité avec une même source alimentaire.

Cela a été le cas en septembre 2019 lorsque 203 personnes sont tombées malades dans une école hôtelière et de tourisme. Des œufs utilisés dans la préparation d’une sauce tartare ont été soupçonnés d’être à l’origine de cette contamination. L’AFSCA avait procédé à une enquête de traçabilité qui avait démontré que les œufs provenaient d’Espagne. L’AFSCA avait pris contact avec les autorités espagnoles qui avaient ensuite remonté la filière jusqu’à l’exploitation concernée et mis en évidence la présence de salmonelles.

Sujet JT 19H30 du 3 juillet 2020

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