Affluence à la Côte : limitations à Ostende, Knokke, Bredene, Le Coq et Blankenberge, monitoring dans les gares et plages

Face à l’affluence de touristes à la Côte, à la recherche de quelques brises plus fraîches pour combattre les températures caniculaires, certaines restrictions ont été mises en place par quelques communes du littoral, qui peuvent difficilement gérer cet afflux trop important sur leur sol.

"On doit constater qu’hier, trop de monde est venu à la Côte : 15.000 à Ostende, 8000 à Blankenberge et 2500 à Knokke, commente Anne Martens, gouverneure de Flandre occidentale. Les bourgmestres ont développé leurs plans de gestion, mais quand autant de gens débarquent du train, ce n’est pas tenable. Aujourd’hui, on ne fermera pas les gares, mais on va faire un monitoring serré dans les gares et sur les plages si c’est nécessaire, on fera appel à la police fédérale. Car ce qu’on a remarqué hier, c’est que les gens qui ont créé des problèmes hier venaient avec de mauvaises intentions."

La gouverneure encourage les personnes souhaitant venir sur le littoral belge de consulter le baromètre d’affluence, disponible en ligne, afin d’éviter les plages déjà trop peuplées.

Knokke : pas de touriste d’un jour jusqu’à nouvel ordre

Quiconque souhaite se rendre dans la commune de Knokke-Heist devra avoir une preuve pour justifier son voyage. La décision a été prise à la suite de "dizaines d’incidents, aussi bien la journée que pendant la nuit" ces derniers jours. Le conseil communal s’est dès lors "senti obligé de prendre des mesures drastiques. Pour garantir la sécurité publique, les touristes d’un jour ne pourront plus se rendre" dans la station balnéaire. L’accès à la commune sera limité "jusqu’à nouvel ordre" aux résidents, aux propriétaires d’une seconde résidence, aux touristes de plusieurs jours et aux employés d’entreprises et organisations basées à Knokke-Heist.

La commune prévient que des contrôles stricts seront instaurés dès dimanche, ce qui entraînera des embouteillages. "Tous les véhicules seront contrôlés. Quiconque n’a pas de raison valable d’être à Knokke devra faire demi-tour immédiatement." Le communiqué insiste que chaque passager devra être en mesure de justifier son voyage, que ce soit parce qu’il habite dans la commune, qu’il y séjourne au moins une nuit ou qu’il y travaille. Il devra prouver ses dires au moyen par exemple d’une carte d’identité, une réservation d’hôtel, un abonnement à un parking, une attestation d’emploi…

Blankenberge : pas de touriste d’un jour ce dimanche

Tous les trains qui arrivent à la gare de Blankenberge sont contrôlés par la police, rapporte dimanche la zone de Blankenberge/Zuienkerke. Les touristes d’un jour ne sont pas autorisés à se rendre en ville, à l’exception des personnes qui ont une réservation pour le parc aquatique Sea Life entre autres.

A la suite de l’importante bagarre survenue samedi sur la plage de Blankenberge, les autorités ont décidé de refuser l’accès aux personnes qui avaient prévu de s’y rendre ce dimanche. "Nous avons besoin d’un temps mort", a justifié la bourgmestre Daphné Dumery (N-VA) qui souhaitait également interdire les trains entre 9h et 16h00. Cette dernière mesure n’a finalement pas été instaurée. Tous les trains qui arrivent à Blankenberge sont donc contrôlés par la police. Les personnes qui ont une réservation pour Sea Life, De Mol aan zee, un hôtel ou un restaurant sont, elles, autorisées à entrer en ville. Des barrages routiers ont également été installés sur les routes d’accès à Blankenberge.

Accès limité à Bredene et au Coq

L'accès aux communes côtières de Bredene et du Coq est limité ce dimanche. Seuls les habitants, les personnes possédant une résidence secondaire et ceux qui doivent absolument s'y rendre sont toujours admis, indiquent les bourgmestres des deux localités, Steve Vandenberghe (sp.a) en Wilfried Vandaele (N-VA).

Après une réunion de crise, les communes de Bredene et du Coq ont décidé de fermer leurs voies d'accès. Dès 14h00, les routes menant aux stations balnéaires du Coq, de Wenduine et de Bredene ont été fermées.

"Il y avait encore de la place sur les plages, mais comme la marée monte entre 16h00 et 18h00, la plage devient plus petite et les gens se rapprochent. Nous voulons éviter des situations comme à Blankenberge, où des personnes ne veulent pas quitter la plage lorsqu'on leur demande", a déclaré le bourgmestre du Coq Wilfried Vandaele.

Sur l'autoroute E34 en direction de Knokke, la protection civile a été sollicitée pour assurer la distribution d'eau, en raison des fortes chaleurs.

Des files se sont en effet formées à hauteur des points de contrôle.

Ostende : limitation à 10.000 touristes

La gare d’Ostende reste ouverte mais le nombre de personnes arrivant en train est strictement surveillé, indique dimanche le bourgmestre Bart Tommelein (Open Vld). L’intention est de limiter à 10.000 le nombre de touristes d’un jour qui rejoignent la Côte via le réseau ferroviaire. A l’aide d’experts dans le domaine du contrôle des foules ("crowd control"), les autorités communales comptent également surveiller le nombre de personnes arrivant à Ostende en train. L’intention est de ne pas dépasser les 10.000 touristes d’un jour.

Un système d’enregistrement est par ailleurs toujours en place pour les trois plages les plus fréquentées.

Une journée d’été dense attire pas moins de 15.000 touristes d’un jour qui prennent le train pour relier Ostende. "C’est tout simplement trop. Nos trois plages les plus fréquentées ont une capacité de 15.000 personnes mais nous accueillons évidemment aussi les habitants, les propriétaires d’une seconde résidence et les touristes de plusieurs jours", pointe le bourgmestre. Les plages de Mariakerke et Raversijde sont plus calmes mais les touristes d’un jour se dirigent naturellement de la gare vers les plages les plus fréquentées toutes proches.

Pas de suppression de trains, mais une invitation à ne pas aller à la Côte

Plusieurs responsables, dont la gouverneure de Flandre-Occidentale Anne Martens, ont demandé à la SNCB de supprimer des trains afin de lutter contre l’affluence. "Samedi, des trains pleins à 115% sont arrivés sur la Côte, a-t-elle déploré. Les trains supplémentaires n’assurent manifestement pas la répartition promise."

"Je demande instamment à la SNCB de supprimer les trains supplémentaires immédiatement car je ne peux plus répartir" les passagers, exhorte le bourgmestre d’Ostende Bart Tommelein. Il souhaite également que la compagnie ferroviaire limite la fréquentation des autres trains à un maximum de 80% de leur capacité. "Les trains supplémentaires visent à mieux répartir les voyageurs mais dans la pratique, ils sont surchargés et amènent davantage de touristes à la Côte. Cela ne doit pas être l’objectif avec le défi du coronavirus."

"C’est déjà infernal mais 15.000 n’est plus possible pour notre ville. Cela doit cesser, sinon le gouvernement fédéral doit intervenir. Je ne veux pas refuser les touristes d’un jour mais les limiter", souligne M. Tommelein, Le bourgmestre d’Ostende a déjà demandé au parquet d’engager des poursuites strictes via des procédures accélérées à l’encontre des touristes qui dépassent les bornes.

Contacté par la RTBF, le ministre de la Mobilité François Bellot assure qu’une suppression n’est pas à l’ordre du jour : "ni la SNCB ni le Ministre de tutelle ne peuvent supprimer des trains à leur guise de façon ponctuelle sans raisons valables."

Selon le ministre, "supprimer des trains va à l’encontre des avis du groupe d’experts Corona et des scientifiques qui ont plaidé pour une offre maximale afin de diminuer les risques et permettre un meilleur respect de la distanciation sociale." Il a également rappelé que les images de bagarre à Blankenberge de samedi soir n’étaient pas liées à un problème de mobilité.

La SNCB a donc maintenu son offre vers la Côte, tout en demandant à ses navetteurs de ne pas s’y rendre.

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