Affaire Wesphael: le mot "strangulation" enlevé du rapport d'autopsie

Que s'est-il passé dans cette chambre d'un hôtel ostendais, début novembre ? La vérité ne se laisse pas facilement cerner. La lecture du dossier révèle le travail de qualité des policiers brugeois, mais également, les zones d'ombres qui restent à éclaircir. Le fait par exemple que la famille de la victime, lors de la reconnaissance du corps, ait vu un visage tuméfié, alors qu'un premier rapport de médecine légale parle de "physionomie faciale intacte".

Il a également été dit que les boites de médicaments, retrouvées dans la salle de bain, n'étaient pas entamées. Selon nos informations, c'est faux, en tout cas pour un anxiolytique. Sur deux plaquettes de quinze comprimés, il en manque dix au total. Des traces d'au moins trois autres substances ont été mises en évidence par une analyse toxicologique. La question de l'interaction de ce mélange d'antidépresseurs avec de l'alcool, à plus de trois grammes par litre de sang, est clairement posée.

En comparaison, le député wallon a, pour sa part, un taux de 0,13. Comme c'est le résultat d'une prise de sang tardive, il a été corrigé, et estimé à zéro virgule nonante, sur base de ce que l'intéressé a déclaré avoir bu dans l'après-midi du drame. Si assassinat il y a, ce n'est en tout cas pas un geste d'ivrogne. Mais assassinat y-a-t-il ?

L'avocat de la famille de la défunte affirme, sur base de ce qu'il a "pu lire dans le dossier d'instruction", qu'il "est exclu que Véronique Pirotton se soit suicidée".

Jean Thiel, un ami du député, souligne de son côté que "le mot strangulation a été enlevé" du rapport d'autopsie après y avoir figuré dans un premier temps. "Et on n'a pas constaté de traces d'écrasement de vaisseaux sur son cou, typiques lors d'un étranglement. Il y a un juste un coup sur la nuque". L'acte d'accusation a évoqué d'abord une strangulation, avant de parler d'un étouffement par tierce personne. Le premier rapport de médecine légale notait que "la peau du cou et de la nuque est exempte de lésion".

Le parquet de Bruges, de son côté, exclut que le décès de la femme de Bernard Wesphael soit la conséquence d'un suicide, estimant que l'enquête permet d'écarter cette piste.

M. Gretry avec Ju. Vl. et Belga

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