Affaire Wesphael: la contre-expertise met en évidence le mélange "alcool-médicament"

Le rapport de contre-expertise de la défense de B. Wesphael est nuancé
Le rapport de contre-expertise de la défense de B. Wesphael est nuancé - © RTBF

La mort de Véronique Pirotton est une nouvelle fois au cœur de l'actualité... Les avocats de Bernard Wesphael, ont révélé ce matin les conclusions du médecin auquel ils ont fait appel pour réaliser une contre-expertise. Pour eux, la cause la plus probable du décès serait une intoxication due au mélange d'alcool et de médicaments.

A l'occasion de cette conférence de presse organisée par les avocats qui assurent la défense du député wallon, Saphia (la fille de Bernard Wesphael) s’est montrée publiquement pour la première fois. Elle s’est dit inquiète sur le sort de son père mais également confiante : "Je pense qu’il s’agit d’un tournant au sein de l’affaire qui touche mon père et pour cette raison il me semblait important d’être présente."

Les avocats, eux, se disent contraints de communiquer à la presse, pour se battre à armes égales. Selon eux, trop d'éléments à charge sont parus dans les médias et il n'y aurait pas assez d'écoute de la part des magistrats brugeois. Jean-Philippe Mayence a aussi justifié la tenue de cette conférence de presse exceptionnelle.

"En 25 ans de carrière, ce n’est peut-être que la troisième fois que dans une affaire importante j’interviens de cette manière mais j’assume et nous assumons parfaitement l’expression qui va être la nôtre aujourd’hui" a précisé, en prélude, le juriste.

Contre-expertise nuancée

Au cœur de la polémique, le rapport d’autopsie de la mort de Véronique Pirotton qui soulève plusieurs questions. Premièrement, pour les médecins de la défense, la cause la plus probable du décès c'est une intoxication mortelle due aux médicaments associés à l'alcool.

Maitre Tom Bauwen a détaillé certains points du rapport de la contre-expertise : "Les experts ne se sont pas seulement exprimés sur la combinaison entre l’alcool et benzodiazépine (un psychotrope retrouvé dans les analyses sanguines de V. Pirotton) mais également sur d’autres aspects qui sont assez importants dans le cade de ce dossier". Ces éléments concernent essentiellement l’utilisation de médicaments qui ont été utilisés et "qui peuvent avoir pour effet de provoquer des tendances suicidaires".

Et quand on demande à la défense de B. Wesphael si les experts de la juge ont analysé la combinaison alcool médicament, la réponse est claire: "Non ! Ce qui est pour moi un vrai problème", souligne Jean-Philippe Mayence.

Le rapport des experts est cependant nuancé. Il évoque d'autres causes possibles: l'asphyxie accidentelle ou suicidaire causée peut-être par le sac en plastique que B. Wesphael dit avoir découvert sur le visage de sa femme. Mais leur rapport n'exclut pas non plus l'asphyxie criminelle

"Ce n’'est pas exclu mais c’est l’hypothèse la moins plausible. Je n’ai pas envie d’interpréter" mais selon l’avocat du député wallon : "Pour exclure une hypothèse de manière définitive, il faut avoir un élément objectif".

Des doutes qui redonnent confiance à la défense

A l'issue de la conférence de presse, Saphia Wesphael s’est exprimée de façon sereine : "J’espère que sur le fond et à la fin de cette enquête on arrivera vraiment à faire jaillir la vérité, que moi je connais depuis très longtemps". Soulagée, elle s’est dite confiante en la justice : "Grâce à une telle conférence de presse, j’avoue que ça me redonne un peu le sourire et que ça me fait du bien".

Ce n‘est donc pas un rapport explosif qui a été rendu public mais ce rapport est bien favorable à la défense car il sème le doute sur les causes possible du décès de Véronique Pirroton et crédibilise la version des faits de B. Wesphael. Ce rapport met également en question celui des experts de la juge qui peut apparaitre à la lumière des derniers éléments, incomplet et peu nuancé.

De son côté, Philippe Moureau, l’avocat de la famille Pirotton a estimé qu’ "un avocat normalement doit plaider son dossier devant les juridictions et certainement pas devant la presse."

L’avocat des parties civiles a également tenu à préciser : "Nous ne nous sommes pas constitués parties civiles dans ce dossier pour enfoncer M. Wesphael, mais nous sommes venus chercher une vérité et lorsque nous avons lu le dossier, les explications de B. Wesphael ne nous semblent pas réelles". Maître Moureau a également ajouté que "S'il (Bernard Wesphael) avait une chance de nous dire la vérité avec ces rapports, c’était à nous qu’il fallait les envoyer".

Le député wallon comparaitra devant la chambre des mises en accusation de Gand, le mardi 15 avril prochain.

Martine Ernst avec Grégoire Ryckmans

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