Affaire Mawda : le jugement dans le volet liégeois de l'affaire reporté

Il y a quelques jours, le Tribunal correctionnel de Mons rendait son jugement dans le dossier Mawda. Le policier à l’origine du tir et le chauffeur de la camionnette étaient condamnés respectivement à un an de prison avec sursis et quatre ans de prison ferme. Mais la décision montoise ne porte que sur le tir qui a causé la mort de la petite Mawda. Un autre procès a lieu en ce moment à Liège. Le chauffeur de la camionnette et le passeur présumé y sont poursuivis pour trafic d’êtres humains. Leurs avocats demandent donc que la justice liégeoise prenne en compte le jugement montois. Le jugement prévu pour ce mercredi est finalement reporté.

Selon l’avocat du chauffeur de la camionnette, son client maintient toujours qu’il n’est pas le chauffeur. "Même si le jugement de Mons est très motivé, nous ne sommes pas d’accord avec ses conclusions", explique Me Dimitri De Beco. Cependant, Me De Beco a décidé de ne pas faire appel de cette décision. "Mon client est condamné à quatre ans de prison dans le cadre du dossier à Mons. Or cela fait deux ans qu’il est en détention préventive. Cela n’a donc pas d’intérêt de faire appel", explique-t-il. Car d’ici quelque temps, son client pourra être candidat par exemple à une libération conditionnelle.

Pour Me De Beco, il y a cependant un non-sens dans le fait de poursuivre son client à la fois à Mons et à Liège et ce pour les mêmes faits. "La justice liégeoise doit tenir compte du jugement montois". C’est pourquoi l’avocat a déposé requête en réouverture des débats. Suite à cette demande, la justice liégeoise a dès lors deux options. Soit les juges liégeois considèrent qu’il s’agit bien des mêmes faits et selon Me Dimitri De Beco, son client ne peut dès lors pas être jugé une seconde fois. Soit, les juges liégeois considèrent qu’il ne s’agit pas des mêmes faits. Dans ce cas, toujours selon Me De Beco, la justice liégeoise peut considérer qu’il s’agit de la même unité d’intention et que par conséquent le jugement rendu à Mons pour son client vaut aussi pour le dossier liégeois.

Pour Me Dimitri De Beco, "le fait de devoir procéder de la sorte est la conséquence du choix désastreux du parquet d’avoir décidé de scinder les deux dossiers".

Une situation surréaliste

Du côté de Me Frank Discepoli qui défend le passeur présumé, on partage cet avis. "Je n’ai cessé de plaider que nous étions dans une situation surréaliste puisque nous avions en même temps deux procès en parallèle qui avaient à peu près le même objet. A Mons, on nous disait qu’il fallait condamner mon client et cette qualité de passeur, qualité même qui était aussi en balance à Liège". Une situation d’autant plus délicate pour Me Discepoli étant donné que son client a été acquitté à Mons alors qu’il est toujours poursuivi pour trafic d’êtres humains à Liège. "J’ai donc demandé qu’on joigne les deux dossiers Ou au moins attendre la décision de Mons. Je comprends la requête de Me De Beco", explique le pénaliste.

"En ce qui concerne mon client, il n’a plus de titre de détention pour le dossier montois étant donné qu’il a été acquitté. Il lui en reste un dans le volet liégeois de l’affaire et par conséquent le retard dans la procédure liégeoise, ne fait que rallonger sa détention. C’est très dommageable".

D’autres retards potentiels

Et Me Discepoli va plus loin encore. A partir du moment où la justice liégeoise déciderait de prendre en compte le jugement montois, il se pourrait que la procédure soit encore rallongée. En effet, le parquet ou même le policier pourraient par exemple décider de faire appel dans le dossier montois ce qui entraînerait de facto un nouveau retard dans le dossier liégeois.

En tout cas, ce qui est certain c’est que le jugement attendu cette semaine dans le volet liégeois de l’affaire est donc dors et déjà retardé. Les débats sont reportés au 17 mars prochain. La justice liégeoise devra alors se pencher sur la requête de réouverture des débats.

 

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