Affaire Kubla:"On a traité Antonio Gozzi comme un dangereux délinquant"

Antonio Gozzi
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Antonio Gozzi - © Archive BRUNO FAHY - BELGA

Antonio Gozzi et Massimo Croci, respectivement président et directeur général de Duferco, ont été inculpés pour corruption concernant une personne qui exerce une fonction publique dans un État étranger, comme auteur ou co-auteur. Les deux hommes ont été placés sous mandat en raison d'un risque possible de collusion, a indiqué le parquet fédéral. Leurs auditions se poursuivent.

Interrogée par la RTBF, Michèle Hirsch, l’avocate d’Antonio Gozzi, déclare : "Je comprends très mal cette arrestation, qui me choque très profondément. Monsieur Gozzi est venu spontanément d’Italie en Belgique pour répondre aux questions du juge d’instruction et des enquêteurs. En réalité, il n’avait pas été convoqué en bonne et due forme. Il est arrivé lundi matin et a répondu à toutes les questions. Il a affirmé avec force qu’il n’avait jamais corrompu personne. Je suis choquée par ce mandat d’arrêt qui est justifié par le parquet par un soi-disant risque de collusion. Cette prétendue collusion m’apparaît davantage comme un prétexte. Si le juge craignait vraiment une collusion, il y avait d’autres alternatives beaucoup plus respectueuses de nos libertés et de nos droits que d’envoyer Monsieur Gozzi en prison. J’ai le sentiment que le juge n’a pas obtenu des déclarations conformes à ce qu’il espérait, et qu’il a dès lors décerné un mandat d’arrêt. C’est la seule raison que je vois à cette arrestation. Je n’ai pas compris pour quelle raison in fallait mettre les menottes dans le dos à Monsieur Gozzi, le priver de ses lunettes et le traiter comme un dangereux délinquant."

Homme de confiance

Antonio Gozzi et Massimo Croci sont les deux responsables du groupe Duferco dont les noms apparaissent en relation avec les sociétés créées par le comptable disparu Stephan De Witte, "l’homme de confiance" de Duferco pour mener des "affaires" en République démocratique du Congo. Parmi les sociétés, la "Successful Expectations Belgium" basée à deux pas de l’aéroport de Charleroi, intéresse les enquêteurs. C’est là que des documents ont été emportés l’automne dernier pour vérification. Une société dans laquelle apparaissent comme administrateurs les deux dirigeants italiens qui ont été arrêtés par le juge Michel Claise. Le nom d'Antonio Gozzi apparaît également dans la structure "Succefull GD Luxembourg".

Parmi les documents en possession des enquêteurs, il y a la comptabilité qui permet de définir le périmètre des flux financiers qui ont transité entre ces sociétés du Grand-Duché du Luxembourg vers le Congo en passant le cas échéant par la Belgique. Une comptabilité "officielle" qui permet toutefois d’identifier des destinataires de l’argent, des sociétés le plus souvent, mais aussi par recoupement les personnes physiques qui se trouvent derrière ces sociétés.

Confrontation

Les inculpations des deux dirigeants italiens dans le volet "corruption" de l’enquête indiquent que des indices de culpabilité sérieux ont été mis au jour par le juge Michel Claise. Soit en les confrontant aux déclarations de Serge Kubla, soit à partir de l’exploitation de la documentation en leur possession.

Désormais  les deux inculpés ont eu connaissance d’une partie du dossier à travers les questions posées par les enquêteurs et par les documents qui leur ont été montrés. Par ailleurs, les déclarations faites aux enquêteurs par les deux responsables de Duferco peuvent nécessiter en toute logique de nouveaux devoirs d'enquête : des auditions, des perquisitions ou des confrontations. C’est la dynamique propre à une enquête de ce genre.

A.L. avec P. Michalle

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