Affaire Fehriye Erdal, 20 ans déjà : retour sur une incroyable saga politico-judiciaire

L’Affaire Erdal, 20 ans déjà que cette saga politique et judiciaire a débuté en Belgique. Fehriye Erdal, activiste turque du groupement d’extrême gauche DHKPC, est poursuivie chez nous pour un triple meurtre commis à Istanbul et aussi pour activités terroristes sur le sol belge. En 2006, elle parvient à échapper à la surveillance étroite de la Sûreté de l’Etat. Une véritable humiliation pour les services secrets belges. Depuis, toutes les polices du royaume sont à sa recherche. Elle fait partie des Most Wanted, les fugitifs à capturer en urgence.

Fehriye Erdal, la femme la plus recherchée de Belgique

En fait, le volet belge de l’Affaire Erdal commence il y a exactement 20 ans, cette ressortissante turque est arrêtée par hasard à Knocke en possession d’armes et de faux papiers. Lorsque sa vraie identité est révélée, la Turquie exige immédiatement son extradition. Elle est accusée d’avoir participé à l’exécution du milliardaire Özdemir Sabançi et de deux de ses adjoints. Un triple meurtre attribué au DHKPC, un groupe turc armé d’extrême gauche.

La Belgique refuse l’extradition de Fehriye Erdal car elle risque la peine de mort en Turquie. Elle est finalement libérée de la prison de Bruges après une grève de la faim d’un mois.

Ni extradable, ni incarcérable, elle est placée au secret, à Bruxelles, dans une maison du quartier européen. C’est le résultat d’un deal secret passé entre le gouvernement belge et les sympathisants du DHKPC.

Afin d’échapper à d’éventuelles représailles des hommes de main d’Ankara, elle ne quittera pas sa chambre pendant 5 ans.

La Sûreté de l’Etat humiliée

Fehriye Erdal sortira finalement de sa cache lors de son procès de Bruges pour l’affaire des faux papiers et la détention d’armes. Mais avant la fin des débats, elle disparaît de sa planque bruxelloise au nez et à la barbe de la Sûreté de l’Etat qui était pourtant censée la surveiller 24 heures sur 24. Depuis, plus aucune trace d’elle.

Mais malgré son absence, Fehriye Erdal sera jugée par le tribunal correctionnel de Bruges pour le triple meurtre d’Istanbul. En 2017, elle écope d’une peine de 15 ans de prison. Une peine qu’elle n’effectuera peut-être jamais. Elle demeure toujours introuvable. Elle s’est peut-être ainsi elle-même condamnée à la clandestinité à perpétuité.

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