Affaire Dutroux: vingt ans après, les Belges restent inquiets

La Marche Blanche à Bruxelles le 20 octobre 1996
La Marche Blanche à Bruxelles le 20 octobre 1996 - © Olivier MORIN/om - BELGAIMAGE

Vingt ans après l’affaire Dutroux, 8 Belges sur 10 estiment que l’on ne connait pas encore toute la vérité. C’est ce qu’il ressort en tout cas d’un sondage réalisé par l'institut IPSOS pour Le Soir Magazine. Un sondage qui montre à quel point cette affaire a marqué l’opinion publique, laissant une blessure profonde qui mettra encore du temps à cicatriser. Les réponses reflètent également un sentiment d'insécurité.

Parmi ces 80 % de Belges qui estiment que toute la lumière n’a pas encore été faite sur cette affaire, les femmes sont les plus méfiantes. Par ailleurs, une écrasante majorité de personnes - 90 % - pensent que Marc Dutroux ne devrait jamais sortir de prison.

Quant à savoir si les enfants sont aujourd’hui plus en sécurité qu’il y a 20 ans, 75 % des répondants estiment que non. Une réponse à mettre en perspective et pour laquelle il faut distinguer sécurité et sentiment de sécurité ou d’insécurité.

C'est en tout cas l'avis de Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles : "Ce que l’on voit dans ces résultats, c’est que les personnes qui ressentent le plus cette insécurité par rapport à leurs enfants sont les personnes précisément qui sont les plus fragiles financièrement, économiquement, celles qui sont les plus malmenées par notre société. Les résultats le montrent… les Wallons sont plus inquiets qu’en Flandre, les femmes plus que les hommes et, enfin, chez les groupes à faibles revenus."

"Ce sondage pose la question : qu’est-ce qui a changé depuis 20 ans ? Et ce qui a changé, c’est une insécurité globale, une insécurité sociale… réelle celle-ci. C'est-à-dire, moins de revenus, un risque de tomber dans la précarité plus grand… ce qui renforce, me semble-t-il, ce sentiment d’insécurité par rapport aux enfants."

Toujours à propos de ce sentiment d’insécurité. Les Wallons sont plus inquiets que les Flamands ou que les Bruxellois et les femmes davantage encore. Notons enfin ces chiffres sortis du rapport d’activité 2014 de Child Focus : sur 26 cas d’enlèvement effectifs, 24 ont été enlevés par des proches, 2 par des inconnus.

Miguel Allo

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK