Affaire Duferco: le comptable disparu était menacé selon Princesse Odette

Princesse Odette avec Stephan De Witte en octobre 2012.
Princesse Odette avec Stephan De Witte en octobre 2012. - © Paris Match

Un témoin clé, "Princesse Odette Maniéma Krempin", la compagne congolaise du comptable, sort du silence pour livrer sa version des faits. Un nouvel élément dans l’enquête sur la disparition au Congo de Stephan De Witte, le comptable belge de Duferco. Par téléphone et par mails, elle livre des éléments à Paris-Match qui pourraient relancer l’enquête. Il est question de menaces et de chantage. Un nouvel éclairage sur ce mystérieux dossier de disparition.

Jusqu’à présent, les enquêteurs belges ne disposent pas du témoignage d’Odette Krempin. Elle n’a pu, dit-elle, répondre à leur unique convocation pour raison de santé. Mais c’est pour ajouter aussitôt : "J’ai reçu des menaces pour m’empêcher de parler à la justice belge, mais je vais collaborer pleinement. Dès que je serai rétablie".

Des propos d’Odette Krempin recueillis par téléphone et confirmés ensuite dans une série d'échanges de mails avec Frédéric Loore, journaliste à Paris-Match. Celle qui se fait communément "Princesse Odette Maniéma Krempin" refuse obstinément de révéler pour l’instant l’endroit où elle se trouve en Allemagne : question de sécurité, dit-elle. "Certaines personnes pensent que je détiens des informations qu’ils ne souhaitent pas que je divulgue. Ils veulent me faire taire."

"Princesse Odette" affirme ensuite que Stephan De Witte lui-même avait peur de rentrer en Belgique, victime lui aussi de menaces. "Il préférait demeurer au Congo, car il avait peur de rentrer spécialement en Belgique."

"Menacé par ses partenaires auxquels il faisait du chantage"

Lorsque l’on cherche à en savoir plus, Odette Krempin évoque un dossier dans lequel de puissants intérêts seraient en jeu. Elle en dira davantage aux enquêteurs belges lorsque, avec son avocat, un rendez-vous sera pris avec ces derniers. S’agit-il du dossier des loteries congolaises ou celui de l’aciérie de Maluku près de Kinshasa ? Pas de réponse précise pour l’instant. Mais "Odette Krempin" ajoute cette petite phrase à propos des menaces à l’encontre de Stephan De Witte : "Stephan était menacé par ses partenaires auxquels il faisait du chantage".

"Princesse Odette" n’en dira pas plus mais elle évoque le contexte belge, on pense alors au groupe Duferco dont Stephan De Witte était l’homme de confiance. Mais rien jusqu'à présent ne permet de mettre en cause les dirigeants de Duferco qui étaient en relation avec le comptable disparu. Pour l'instant, leur détention par le juge Claise ne concerne que le volet "corruption" dans lequel ils sont inculpés.

Princesse Odette indique également que c’est suite à ses ennuis en Belgique qu’elle a associé son compagnon à ses projets personnels au Congo, notamment à la gestion du jardin botanique de Kisantu où l’on perd sa trace en juin 2014.

À la question de savoir si Stephan De Witte est mort? Sa réponse est courte : "Je ne le souhaite pas", ajoutant qu'elle aussi n'a plus de nouvelles de lui depuis une année.

Patrick Michalle

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