Confrontation DSK-Banon: chacun a maintenu sa version des faits

Les locaux de la police judiciaire où a eu lieu la confrontation entre Dominique Strauss-Kahn et Tristane Banon
Les locaux de la police judiciaire où a eu lieu la confrontation entre Dominique Strauss-Kahn et Tristane Banon - © RTBF

Dominique Strauss-Kahn et Tristane Banon, une Française qui l'accuse de tentative de viol, ont maintenu leur version des faits lors d'une confrontation organisée jeudi à Paris par la police, a indiqué à l'AFP un avocat de l'ancien patron du FMI, Me Henri Leclerc.

"DSK est resté sur sa position et elle aussi", a déclaré l'avocat qui s'est refusé à donner tout autre détail sur cette confrontation. Interrogé sur des regrets qu'aurait pu exprimer son client, il a répondu : "Il n'a aucune raison de s'excuser.

La confrontation a duré environ deux heures et demie entre Dominique Strauss-Kahn et Tristane Banon dans les locaux de la brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP) dans le sud de Paris. Dominique Strauss-Kahn a quitté les locaux de la police judiciaire sans faire de commentaire.

Rappel des faits

Tristane Banon, une journaliste et romancière de 32 ans, dit avoir été victime d'une tentative de viol en 2003. Elle a porté plainte contre DSK début juillet. C'est à ce moment-là qu'étaient apparus à New York les premiers doutes quant à la crédibilité de la femme de chambre qui accusait celui qui était encore patron du FMI d'avoir tenté de la violer dans un hôtel de Manhattan en mai.

"Je voudrais qu'il soit en face de moi et qu'il me dise droit dans les yeux que ce sont des faits 'imaginaires'. Je voudrais le voir me dire ça", avait dit Tristane Banon le 22 septembre au sujet de Dominique Strauss-Kahn.

A plusieurs reprises, la journaliste a affirmé que DSK avait tenté de la violer lors d'un entretien professionnel dans un appartement parisien en février 2003, décrivant un pugilat. Dominique Strauss-Kahn a parlé lui d'une "scène imaginaire".

Dans sa confession télévisée sur la chaîne TF1 le 18 septembre, DSK avait affirmé qu'"aucune violence" n'avait été portée sur Tristane Banon. "J'ai été entendu comme témoin. J'ai dit la vérité que dans cette rencontre, il n'y avait eu aucun acte d'agression, aucune violence, je n'en dirai pas plus", avait-il dit.

Il a d'ailleurs répliqué à son accusatrice par une plainte en dénonciation calomnieuse, dont l'examen devra attendre l'issue des poursuites engagées par l'écrivain.

Une procédure "assez classique"

Cette confrontation est "une procédure assez classique dans la mesure où les deux versions s'opposent", a expliqué à l'AFP une source policière.

Lors de son audition, le 12 septembre, par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne, DSK avait concédé avoir fait "des avances" à la jeune femme, selon une source proche de l'enquête.

A l'issue de cette confrontation, les policiers, qui ont entendu une vingtaine de personnes dans ce dossier, devraient remettre dans les prochains jours leur rapport au parquet sur cette enquête préliminaire.

Celui-ci aura trois possibilités : déclarer que les faits sont prescrits, classer sans suite ou bien confier une information judiciaire à un juge d'instruction. Le parquet n'a aucun délai pour prendre sa décision. Mais en cas de classement sans suite, Tristane Banon a de toute façon prévenu qu'elle poursuivrait son combat judiciaire. Dans ce cas, elle déposerait une autre plainte en se constituant "partie civile", ce qui entraînerait automatiquement la désignation d'un juge d'instruction.

La plainte au civil est maintenue aux Etats-Unis

"L'affaire n'est visiblement pas près de se terminer", a estimé une source proche du dossier. Dominique Strauss-Kahn, 62 ans, libéré de toute poursuite au pénal aux Etats-Unis après l'abandon de toutes les charges par le procureur de Manhattan, reste confronté une procédure civile aux Etats-Unis. Il vient d'en demander l'abandon, s'appuyant sur l'immunité diplomatique dont il aurait bénéficié au moment des faits, en sa qualité de directeur du FMI.

Favori de la prochaine élection présidentielle jusqu'à son arrestation à New York à la mi-mai, DSK s'est placé en retrait de la vie politique française, sans cependant rien exclure pour l'avenir.
  
C. Biourge avec AFP

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