Affaire Daval: le père d'Alexia réclame "la peine maximale" pour Jonathan

Affaire Daval: le père d'Alexia réclame "la peine maximale" pour Jonathan
Affaire Daval: le père d'Alexia réclame "la peine maximale" pour Jonathan - © SEBASTIEN BOZON - AFP

Le père d'Alexia Daval, Jean-Pierre Fouillot, a réclamé mercredi devant la cour d'assises de la Haute-Saône "la peine maximale" à l'encontre de Jonathan Daval, poursuivi pour le meurtre de sa fille, retrouvée morte le 30 octobre 2017 dans un bois de Haute-Saône.

"J'espère tout simplement que le peine maximum soit octroyée", a-t-il déclaré lors d'une déposition forte à la barre alors que son gendre encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

"Notre futur, il est simple, nous avons pris perpétuité. Est-ce que ce sera le cas de Jonathan, c'est vous qui en déciderez", a-t-il lancé à la Cour. "Ce fameux jour nous a éteint la lumière du bonheur et de la sérénité. Nous sommes désormais en mode veilleuse."

Et de s'interroger encore en s'adressant à l'accusé qui fuyait son regard: "Pourquoi Alexia a-t-elle été assassinée, pour une dispute, une relation sexuelle refusée et peut-être pour vouloir te quitter, Jonathan?"

"Avant ce drame, le bonheur régnait au sein de notre famille" mais Jonathan l'a "cassé", a ajouté Jean-Pierre Fouillot, 64 ans, la voix parfois altérée par les sanglots.

"Il nous a salis" en accusant son beau-frère d'un complot et d'être le meurtrier, a-t-il encore lâché.

"Alexia était une fille tout ce qu'il y a de plus simple, mais tout ce qu'il y a de plus aimant (...) c'était un bonheur immense pendant toutes ces années", a-t-il ajouté, déplorant que la défense cherche à "salir" aussi la victime.

"C'est d'un assassinat, c'est d'un massacre dont on parle", a estimé M. Fouillot, alors que les parties civiles soupçonnent Jonathan d'avoir prémédité le meurtre.

A l'issue, le président de la cour Matthieu Husson a salué la "dignité" de ces propos qu'il a résumés par "dix ans de bonheur avec Alexia, trois ans de malheur" depuis le meurtre.

Lui succédant à la barre en début d'après-midi, sa femme, Isabelle Fouillot a mis Jonathan au défi: "j'aimerais que, pour une fois, tu sois un homme dans ta vie et que tu prennes tes responsabilités".

"Tu as tout détruit. Voilà où mène le mensonge. Je voudrais juste avoir la vérité", l'a-t-elle encore imploré au cours de ces dépositions aux allures de catharsis, longuement méditées et tant redoutées.

D'une même voix, Jean-Pierre et Isabelle Fouillot se sont attachés à "défendre la mémoire" de leur fille, présentée par la défense comme une personnalité "écrasante" qui aurait "humilié" Jonathan.

Alexia "était tout sauf écrasante", a renchéri la mère avant de donner lecture d'une carte écrite par sa fille à Jonathan Daval, dans laquelle celle-ci parlait de l'accusé comme d'un "être atypique, aussi gentil que diablotin".

"Tu représentes mon ami, mon amant, mon confident (...) Tu m'es indispensable pour faire tourner ma terre", écrivait la jeune femme.

"Ça, ce sont les paroles d'une personne agressive, qui fait des crises d'hystérie? ", s'est interrogée Isabelle Fouillot, tandis que son gendre fondait en larmes dans son box vitré.

Dans la matinée déjà, la cour d'assises s'était figée dans un silence de cathédrale quand Jean-Pierre Fouillot avait rappelé qu'à l'issue d'une audition de Jonathan Daval au cours de laquelle son épouse lui avait arraché de nouveaux aveux, il avait pris l'un et l'autre dans ses bras.

"Nous avons épaulé Jonathan", "on l'a chéri encore plus que d'habitude" et il "pleurait avec nous sur le drame (...) dont lui avait toutes les clés", s'est-il souvenu.

"J'ai une faiblesse, moi, je suis sentimental (...) Faut-il le regretter? ", s'est encore interrogé Jean-Pierre Fouillot, confiant avoir également glissé à son gendre à l'issue de la reconstitution du meurtre, en juin 2019 : "Sache que je t'aime toujours".

Mais à présent, "je culpabilise d'avoir eu ces mots. A l'heure d'aujourd'hui, je serais loin de lui redire la même chose (...) Au fil des mois, je me suis rendu compte de la monstruosité des choses", a-t-il conclu, actant la rupture affective.

"C'est Alexia, la victime", a martelé ensuite sa soeur, Stéphanie Fouillot, pour qui la jeune femme était "désespérément seule". "Mon ressenti personnel, c'est que depuis le mariage, il y a eu une fuite en avant de l'accusé", a-t-elle avancé.

Grégory Gay, l'époux de Stéphanie, doit aussi venir s'exprimer à la barre. Au cours de l'instruction, Jonathan l'avait un temps accusé d'avoir tué Alexia, évoquant un prétendu "complot familial".

Jonathan Daval, qui avait joué les veufs éplorés pendant trois mois avant d'être arrêté, a livré pas moins de sept versions de la mort de sa femme pendant cette instruction.

Il avait avoué le meurtre avant de se rétracter et d'inventer un complot familial, pour finalement reconnaître de nouveau les faits commis selon lui lors d'une dispute conjugale.

L'informaticien de 36 ans, qui a aussi reconnu avoir incendié en partie le corps de son épouse, soutient ne jamais avoir voulu la tuer.

L'enjeu est double en ce mercredi pour l'accusé: outre la confrontation avec son ancienne belle-famille, il devra répondre à un interrogatoire qui s'annonce très difficile.

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