Affaire Chovanec : le numéro 2 de la Police fédérale entendu par la commission de l'Intérieur

André Desenfants, ex-numéro 2 de la Police fédérale.
André Desenfants, ex-numéro 2 de la Police fédérale. - © RTBF

André Desenfants, numéro 2 de la Police fédérale, devrait éclairer le dossier de la mort de Jozef Chovanec, un Slovaque de 38 ans, en 2018, dans les locaux de la police fédérale à l’aéroport de Charleroi. Celui qui a décidé d’effectuer un pas de côté lorsque l’affaire a éclaté cet été, sera entendu par les députés de la Commission de l’Intérieur de la Chambre, ce mercredi à partir de 14 h.

Une audition attendue, comme celle de l’ambassadeur de la Slovaquie auprès de la Belgique Peter Kormúth ainsi que du consul Andrea Jancová. Pour rappel, Peter Kormúth n’était pas en poste à Bruxelles à l’époque des faits, mais son prédécesseur Stanislas Vallo. Ce dernier avait d’ailleurs eu un contact avec le cabinet de Jan Jambon (N-VA), alors ministre de l’Intérieur.

"L’ambassadeur slovaque Stanislav Vallo a eu un contact avec le ministre de l’Intérieur Jan Jambon par l’intermédiaire du consul honoraire slovaque à Mons et lui a expliqué la situation. Le ministre n’a pas donné davantage d’informations sur l’affaire", pouvait-on lire dans un compte rendu confidentiel d’une conversation entre l’ambassadeur slovaque et le directeur des relations bilatérales du SPF Affaires étrangères.

Profondément choqué par les images

Quant au numéro 2 de la police fédérale belge, André Desenfants, celui-ci avait annoncé sa démission le 20 août dernier. Lors d’une conférence de presse, celui-ci s’est dit "profondément choqué par les images ces dernières 24heures". Lesquelles ? Celles diffusées dans la presse de l’interpellation musclée de Jozef Chovanec, suivie par le salut nazi d’une jeune policière. Et d’ajouter: "Je ne peux pas l’admettre ni le tolérer".

Interpellant : le numéro 2 de la police fédérale avait affirmé n’avoir jamais été au courant de ces images. "Dès que j’en ai pris connaissance, j’ai immédiatement pris mes responsabilités et j’ai demandé au service de contrôle interne de diligenter plusieurs enquêtes. Une enquête vis-à-vis de l’auteur du salut nazi, une enquête qui devra se dérouler sur tous les faits qui se sont déroulés et pour laquelle j’ai demandé un accès urgent au dossier toujours à l’instruction".

La Slovaquie a régulièrement interpellé la Belgique sur le suivi de l'affaire

Les autorités slovaques ont régulièrement interrogé la Belgique sur le suivi du décès Jozef Chovanec ressort-il de l'audition de l'ambassadeur slovaque Peter Kormuth devant la commission de l'Intérieur de la Chambre.

Dès le 26 février, le prédécesseur de Peter Kormuth, Stanislas Vallo, s'est enquis de ce qui s'était passé auprès des Affaires étrangères. Deux jours plus tard, l'ambassadeur belge compétent pour la Slovaquie est convoqué à Bratislava, et ainsi de suite. En mai 2019, une rencontre aura lieu avec le procureur fédéral belge. Et cette année encore, au mois de février, des informations ont été demandées aux Affaires étrangères.

L'affaire a suscité "l'émoi et l'indignation" en Slovaquie, a assuré Peter Kormuth. Le parlement slovaque a voté une résolution demandant que toute la lumière soit faite et le gouvernement a également adopté une résolution. Une proposition d'impliquer un expert médico-légal slovaque a d'ailleurs été faite.

La diffusion des images de l'intervention de policiers fédéraux pour maîtriser Jozef Chovanec dans la nuit du 23 au 24 février a fait scandale, non seulement par la brutalité des actes posés mais aussi le salut nazi fait par une agente. Jusqu'alors, la représentation slovaque pensait que c'était l'injection d'un calmant à Jozef Chovanec qui avait provoqué son malaise cardiaque. Les images semblent avoir semé le doute.

"C'est quelque chose qui ne peut avoir lieu. En Slovaquie, de telles manifestations, comme le salut nazi, sont poursuivies par la justice", a souligné Peter Kormuth.

L'instruction dure depuis 2 ans et demi. La Slovaquie souhaite qu'elle puisse être menée rapidement et de manière approfondie. "La manière dont l'affaire sera résolue aura un impact sur la perception de l'Etat de droit en Europe", a averti l'ambassadeur.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK