Adoption "illégale": Bénédicte toujours coincée au Népal avec sa fille

Adoption "illégale": Bénédicte toujours coincée au Népal avec sa fille
Adoption "illégale": Bénédicte toujours coincée au Népal avec sa fille - © Tous droits réservés

Bénédicte Van de Sande est reconnue par le Népal comme maman adoptive de Dipika, âgée de 6 ans. Une adoption illégale aux yeux de la loi belge. Bénédicte attend un visa pour sa fille depuis 3 ans.

Bénédicte Van de Sande et son mari népalais ont fait une demande d’adoption auprès de Kind & Gezin en août 2005. Le parcours du combattant ne faisait que commencer. Pour adopter un enfant en Belgique, il faut se tourner, côté francophone vers l’autorité centrale de l'adoption ; côté flamand, vers Kind & Gezin. Ce sont eux qui vérifient si les candidats remplissent les conditions légales d'adoption. Ensuite, le tribunal de la famille doit encore les déclarer "aptes" à l'adoption. Bénédicte Van de Sande et son époux en étaient arrivés à ce stade de la procédure. Mais Kind & Gezin ne leur a jamais proposé d'enfant.

Le faux pas

En avril 2011, ils recevaient un courrier leur annonçant l’arrêt, par Kind & Gezin, de nouvelles adoptions ainsi que des adoptions en cours au Népal. En désespoir de cause, ils se sont rendus d’initiative, au Népal. L'adoption de la petite Dipika y a d’ailleurs été prononcée en juin 2011.

Bien que légale au Népal, l’adoption ne vaut pourtant rien en Belgique. "Ces procédures d’adoption", explique Didier Dehou, directeur de l'autorité centrale de l'adoption, "sont totalement illégales sous l’angle belge. On est obligés de passer par un intermédiaire agréé à l’adoption, à savoir, en Belgique, un organisme agréé par l’une des deux communautés."

Dès le mois d’octobre 2011, le couple fait une demande de visa sous tutelle pour la petite Dipika. Problème : il n’existe aucun lien de filiation entre la pupille (Dipika) et ses tuteurs.

Régularisation impossible

"Quand on dit que c’est illégal, c’est illégal", enchaîne Didier Dehou. "Il n’y a aucune possibilité de revenir en arrière, de refaire les choses correctement. En termes d’adoption, il n’y a pas de solution."

Reste donc la voie de l’Office des étrangers. Mais là aussi, la situation ressemble à une impasse. On nous y explique qu’un regroupement familial est impossible, puisque, sans adoption reconnue en Belgique, aucune filiation n’est établie entre la mère et l’enfant. Quant au visa humanitaire, en le délivrant, l’Office estime qu’il cautionnerait en quelques sortes le détournement de procédure d’adoption qui a eu lieu.

En attendant, Bénédicte et Dipika vivent dans une précarité croissante au Népal. Pour la famille, le seul espoir qui semble encore permis réside dans une solution diplomatique. Une pétition invitant le premier ministre Charles Michel à la clémence dans cette affaire, réunit en ce moment un peu plus de 3300 signatures.

O. Leherte

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