Adélaïde Charlier prend le bateau pour l'Amérique du Sud: "C'est un peu la transition vers le nouveau monde"

Ce jeudi, Adélaïde Charlier prend le bateau pour l’Amérique du Sud. Avec Anuna De Wever, l’autre figure de la lutte des adolescents contre l’urgence climatique, elle va se rendre d’abord au Brésil, puis au Chili, pour la Cop25. "On ne sait pas trop dans quoi on s’embarque", admettait-elle ce mercredi en faisant son sac chez elle, un sac "pas trop grand" mais avec assez d’affaires pour tenir sept semaines. "Le but, c’est de faire une traversée vers l’inconnu, qui représente un peu la transition de l’ancien monde vers le nouveau monde", affirme la jeune femme, qui se dit "très stressée" : "je pense que ça va être difficile de laisser ma famille et mes amis derrière, de ne partir qu’avec un visage connu, celui d’Anuna. Mais ça fait partie de l’aventure".

De La Haye, Adélaïde Charlier et Anuna De Wever iront jusqu’au Maroc, puis passeront par Tenerife et le Cap-Vert, jusqu’à Recife, sur la côte atlantique du Brésil. Là, elles rencontreront des chefs de tribus amazoniennes, parmi lesquels le cacique Raoni. "Ça va être très fort d’écouter ces personnes qui vivent ces conséquences climatiques chaque jour", explique-t-elle, rappelant que "la forêt amazonienne est leur maison, mais aussi la nôtre."

Les jeunes ont créé le débat public et politique

Après le Brésil, les deux adolescentes partiront au Chili en bus, pour assister d’abord à la Cop des jeunes. "Le but c’est de rassembler avec tous les jeunes et de parler de ce mouvement qui vient de se créer depuis la dernière Cop", raconte Adélaïde Charlier. Puis il s’agira de se rendre à Santiago, la capitale chilienne, pour "mettre la pression sur le politique et leur montrer qu’on est derrière eux et qu’on sera toujours présents après, si les décisions ne sont pas prises."

En jetant un regard sur les mois qui se sont écoulés, Adélaïde Charlier en est convaincue : "il y a eu une évolution. Le fait que les jeunes soient sortis dans la rue, ça a fait réagir énormément de personnes, et donc ça a créé le débat public et politique, et ça, c’est quelque chose que les jeunes attendaient et je pense que chaque citoyen qui se bat depuis des années contre l’urgence climatique attendait depuis des années ce moment où on allait débattre au moins de cette urgence et voir comment on allait changer les choses."

Ce n’était pas possible de rentrer à l’université et faire comme si rien ne se passait

Les marches aussi ont eu un impact : "les jeunes de Youth for Climate Belgique ont eu un contact avec un panel de plus de 120 experts qui amènent des recommandations aux politiciens." Pour Adélaïde Charlier, il y a eu un "contact international", qui a notamment poussé les jeunes à se retrouver à Lausanne afin de parler de l’évolution du mouvement cette année. "Le réseau s’agrandit à travers le monde, et la conscientisation aussi, et c’est le but du jeune et du citoyen engagé : conscientiser le monde entier à cette urgence climatique, explique la jeune femme. J’espère que ça pourra continuer comme ces derniers mois."

En partant, Adélaïde Charlier sait qu’elle rate quand même une chose : la rentrée universitaire. Mais elle assume : "il y a eu tellement de conscientisation pour moi ces derniers mois, que ce n’était pas possible de me dire que j’allais rentrer à l’université et faire comme s’il n’y avait rien qui se passait", affirme-t-elle, expliquant qu’elle va prendre un an pour "continuer à être activiste à 100%", avant de reprendre l’université. "Sans oublier que l’urgence est présente", ajoute la jeune femme.

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