Adélaïde Charlier: "On ne se sent même plus étudiant"

Les jeunes ont vu leur mode de vie chamboulé par la crise sanitaire. Avec l'enseignement à distance, ils ont perdu un lieu essentiel de socialisation et de construction identitaire, au point de voir une véritable détresse s'installer chez beaucoup d'entre eux. Alors quelles solutions et perspectives pour nos jeunes? On en parle sur le plateau de CQFD avec Annemie Schaus, la rectrice de l’ULB, auteure d'une carte blanche intitulée "Une génération sacrifiée" et Adélaïde Charlier, étudiante, co-organisatrice de Youth For Climate.

Adélaïde Charlier parle d'une lassitude doublée d'une sensation d'être oublié dans le chef des jeunes: "on est pourtant une jeunesse active et prête à faire changer les choses. On a besoin d'être présent, de faire partie des discussions, or on se sent oublié, on a l'impression qu'on nous demande de nous rendormir et ça ça me fait peur".

On nous demande aujourd'hui ce qu'on nous a toujours reproché

"Une génération au placard"

"On a un peu l'impression qu'on a mis cette génération au placard", poursuit Annemie Schaus, "sans perspectives, or ce sont les plus belles années de leur vie leur jeunesse". La rectrice de l'ULB pointe la réouverture des classes et auditoires à Las Vegas, en raison d'un taux de suicides et tentatives de suicide qui a grimpé chez les jeunes Américains. "On n'a pas de chiffres en Belgique pour le moment mais une étude a démontré qu'un tiers des jeunes avaient des pensées suicidaires", précise-t-elle.

La vaccination progresse, il faut libérer nos jeunes

"Avec la vaccination qui progresse, il faut se réinterroger sur le retour des étudiants sur les campus", ajoute Annemie Schaus. D'ailleurs, en France où la situation épidémiologique n'est pas meilleure, le président Emmanuel Macron a souhaité le retour en présentiel des étudiants un jour par semaine, évoquant un besoin auquel il faut pouvoir répondre.

"Il faudrait petit à petit élargir la fréquentation des campus", avance Annemie Schaus, "et pourquoi pas en élaborant des mesures en collaboration avec les étudiants, ils sont prêts à respecter les mesures".

"Moi je serais prête à suivre des règles plus strictes en auditoire pour pouvoir revenir en auditoire, comme nous l'avons fait pour les examens", confirme Adélaïde Charlier pour qui un retour en présentiel aidera aussi les étudiants à mieux structurer leurs journées.

Une dette envers la jeunesse

Pour Annemie Schaus, tous les efforts à mettre en place et à financer doivent désormais avoir la jeunesse comme horizon commun: "il ne faut pas juste investir dans l'économie [...] et prendre des mesures pour protéger les plus fragiles, au risque de voir les jeunes devenir les plus fragiles".

"On a déjà "sacrifié" notre jeunesse pour l'urgence climatique", poursuit Adélaïde Charlier, "aujourd'hui, il y a une autre dette sur nos épaules [...] Il faut écouter les jeunes pour élaborer ce monde d'après pour lequel nous sommes tous en train de faire des efforts".

Ce Qui Fait Débat, chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h35 sur La Trois. L’entièreté du débat à revoir ci-dessous :

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