Actions du personnel soignant : "Ça fait des années que le secteur demande de meilleures conditions et on n'obtient rien du tout"

Des actions du personnel soignant ont eu lieu cet après-midi à Liège, Namur, Charleroi et à Bruxelles à l’appel du mouvement "La santé en lutte". Un mouvement indépendant de partis et de syndicats constitué pendant la crise du covid19 qui revendique une autre politique de la santé. Au total, quelque 700 personnes se sont rassemblées, principalement des soignants, mais aussi des étudiants du paramédical, du personnel technique des hôpitaux ou des patients. Tous réclament un refinancement et une revalorisation du monde de la santé.

"Ça fait des années que le secteur demande de meilleures conditions et on n’obtient rien du tout "

A Liège, près de 200 personnes ont tourné le dos au siège du Mouvement réformateur (MR), accusé de détricotage de la santé, et fait face au Perron, symbole des libertés. Un témoignage, celui d’une femme travaillant aux soins intensifs au CHU de Liège : " Les applaudissements c’est bien, mais… Voilà, on a besoin d’autres choses. Ça fait des années que le secteur demande de meilleures conditions et on n’obtient rien du tout ". Autre témoignage d’une infirmière, toujours au CHU de Liège : " Avant le Covid-19 on était déjà à court de matériel. Il n’y avait pas de masques… ". Plusieurs partisans de mouvements politiques de gauche et d’extrême gauche étaient également présents place Saint-Lambert. Ils souhaitaient marquer leur soutien au personnel soignant, précisant que toutes les luttes sociales méritent d'être défendues.

"Les patients ont le droit à avoir du temps, les patients ont le droit d’avoir des soins de qualité…"

A Bruxelles, ils étaient 300 en début d’après-midi, masqués et s’efforçant de respecter les distances de sécurité, devant le cabinet de la ministre de la Santé Maggie De Block. Le personnel soignant a été rejoint par le "gang des vieux en colère" et quelques collectifs de gauche. Entre chants et slogans durant une demi-heure avant dislocation. Parmi les témoignages recueillis sur place : " Il faut que les soignants de tout genre soient revalorisés et d’autant plus les infirmières, parce qu’on ne peut plus continuer à travailler comme ça. Les patients ont le droit à avoir du temps, les patients ont le droit d’avoir des soins de qualité… Et les soins de qualité ça ne se donne pas en mettant en avant un budget et en étant chronométré ". Autre témoignage : " On n’a pas été du tout soutenu dès le départ avec une mauvaise préparation pour toute cette crise, mais en dehors de ça, les colères sont là depuis bien avant… ".

Des rassemblement on également eu lieu à Charleroi avec 200 personnes présentes et à Namur, où ils étaient une petite cinquantaine malgré l'interdiction du bourgmestre, le CDh Maxime Prévot.

En France aussi

Des manifestations des soignants ont aussi au lieu aujourd’hui aux quatre coins de France. De Caen à Bordeaux en passant par Dunkerque, Toulon, Nancy et Perpignan, plusieurs dizaines de rassemblements émaillent la journée, principalement devant des établissements de santé ou bien des préfectures. A Paris, un rassemblement a eu lieu en début d’après-midi devant le ministère de la Santé.

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