Actions de grèves chez Amazon: "Nous sommes des humains pas des robots !"

Un peu de patience si vous avez commandé des articles chez Amazon. Les travailleurs du géant américain mènent des actions de protestation en Europe et aux Etats-Unis. Ils l’affirment : nous sommes des humains, pas des robots.

Des actions de protestation un peu partout dans le monde

Des mouvements de grève sur différents sites d’Amazon à l’occasion du Prime Day, deux jours de vente à prix cassés durant lesquels le groupe réalise de plantureux bénéfices estimés à plus de 3 milliards d’euros de chiffre d 'affaires. En Allemagne, 7 des 11 sites d’Amazon sont en grève. Et dans le nord de la France, les syndicats dénoncent des cadences infernales. Aux Etats-Unis, les salariés d’un entrepôt dans le Minnesota ont débrayé, bloquant brièvement quelques camions. "Nous créons beaucoup de richesse, mais Amazon ne nous traite pas avec le respect et la dignité que nous méritons", a expliqué l’un des grévistes.

Certains témoignages de travailleurs interpellent. "Nous avons reçu des informations horrifiantes sur des employés obligés d’uriner dans des bouteilles en plastique faute de pouvoir aller aux toilettes ou sur des femmes enceintes forcées de rester debout et certaines visées par des licenciements", a écrit dans un communiqué le syndicat britannique GMB.

Les syndicats s'organisent

Depuis 2013, les syndicats européens d'Amazon, qui ont peiné à se faire reconnaître par la direction, se mobilisent régulièrement, de préférence à l’occasion des journées cruciales en termes de ventes comme les Prime Days et le Black Friday. En 2018, la colère s’est renforcée : une cinquantaine de grèves ont été organisées par différents syndicats en Europe, une rareté dans l’histoire syndicale récente, si l’on exclut le secteur du transport aérien. En avril, les représentants syndicaux d'Amazon en provenance de 15 pays s’étaient retrouvés pour la première fois à Berlin pour coordonner leur lutte face au géant américain, décrié sur le plan social à travers le monde.

Un abus de position dominante

Bruxelles a ouvert ce mercredi un nouveau front contre un géant américain du numérique en annonçant une "enquête approfondie". Amazon est soupçonné d'enfreindre les règles européennes de concurrence en utilisant à son avantage les données issues des détaillants indépendants qui vendent sur son site.

"Nous allons coopérer pleinement avec la Commission européenne et nous continuerons à travailler dur pour soutenir les entreprises de toutes tailles et les aider à se développer", a réagi Amazon dans un communiqué. Par ailleurs, le groupe se félicite d’engager toujours plus. L’année dernière, l’entreprise a réalisé plus de 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le monde.

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