Achats en ligne: quand les sites adaptent leurs prix selon votre profil

Achats en ligne: quand les sites adaptent leurs prix selon votre profil
Achats en ligne: quand les sites adaptent leurs prix selon votre profil - © NICHOLAS KAMM - BELGAIMAGE

Acheter en ligne devient une habitude pour de plus en plus de Belges, et les sociétés qui vendent leurs produits sur Internet l'ont bien compris. Et pour faire plus de bénéfices sur ces ventes, elles s'intéressent au profil de l'utilisateur, et adaptent leurs prix en fonction de celui-ci...

Selon que vous connectez dans une commune riche ou pauvre, depuis un PC ou une tablette, selon les sites sur lesquels vous naviguez habituellement... vous pourriez payer le même produit plus ou moins cher, révélait ce mardi le quotidien De Morgen.

Malheureusement, rien d'étonnant à tout cela. Les pratiques de traçage sont déjà largement employées et, si elles sont poussées à l'extrême, ce type d'adaptation de la vente est tout à fait réalisable.

"D'un point de vue technique, c'est tout à fait possible et je pense que, pour les marketeurs, c'est quelque chose de très enthousiasmant, commente Claude Pecheux, professeur de gestion à l'UCL-Mons. Mais je dis cela en ce qui les concerne, je ne suis pas en train de dire que c'est bien d'un point de vue éthique."

"Il y a des choses qui existent déjà au niveau du traçage de la navigation sur Internet. En fonction des sites que vous avez visité, les messages publicitaires que vous pouvez recevoir s'adaptent. Quant à la localisation géographique, ce n'est pas nouveau en marketing. Mais, si on couple ces deux paramètres et qu'on prend la tablette ou l'ordinateur, la localisation géographique, et le fait de pouvoir segmenter les messages, alors, techniquement, c'est possible."

En dehors de l'aspect purement technique, la pratique pose question d'un point de vue éthique, puisque, non seulement le consommateur serait floué quant aux prix pratiqués, mais sa vie privée n'est également pas respectée.

"Je pense que c'est vraiment très contestable, insiste Claude Pecheux. Nous sommes de nouveau à la limite du respect de la vie privée; on n'a pas nécessairement envie de faire savoir d'où on se connecte avec un ordinateur par exemple."

T. Mignon avec A. Gonçalves

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