Accessibilité numérique: 95% des sites web des services publics non conformes

Depuis l'entrée en vigueur d'une directive européenne il y a un an, les sites internet du secteur public doivent être accessibles à tous, quel que soit le handicap des usagers. En Belgique, cependant, 95% des sites web et applis des services publics continuent d'exclure des usagers, déplorent le Collectif Accessibilité Wallonie Bruxelles (CAWaB) et l'ASBL Eqla (ex-Œuvre nationale des aveugles) jeudi dans un communiqué.

Depuis le 23 septembre 2020, tous les sites internet, intranet, extranet, applications en ligne et applications mobiles du secteur public doivent être accessibles et utilisables par tous, quel que soit le handicap de l'usager. Il en va de même, depuis le 23 juin 2021, pour les applications mobiles du secteur public, des communes, des SPF, des SPW, mais aussi des organisations et entreprises publiques comme Proximus, bpost, le TEC ou la SNCB.

Retard inacceptable

Le CAWaB et Eqla dénoncent un "retard inacceptable" en la matière. Selon les deux associations, "95% des sites et des applis des organismes publics contiennent des failles qui rendent le surf et, surtout, les démarches administratives extrêmement compliquées, voire impossibles pour les personnes porteuses de handicap".

Depuis l'entrée en vigueur de l'obligation légale, qui ne comprend aucune sanction en cas de non-respect, "de nombreux sites sont sortis sans respecter les normes d'accessibilité", regrette Mathieu Angelo, directeur du CAWaB, qui rassemble une vingtaine d'associations actives dans la défense et la promotion de l'accessibilité des personnes porteuses de handicap. "Si certains niveaux de pouvoir prennent davantage en compte la problématique au fil des mois, nous devons regretter par exemple qu'à Bruxelles, les organes de contrôles de l'accessibilité numérique n'ont toujours pas été désignés", ajoute-t-il.


►►► À lire aussi : Un plan fédéral Handicap : pour favoriser une pleine inclusion des personnes en situation de handicap dans la société d’ici 2024


Selon l'ASBL Eqla, "15% des citoyens atteints d'un handicap visuel, auditif, cognitif ou physique, sont exclus de la plupart des services publics numériques. Tout simplement, parce qu'ils n'ont pas été conçus pour être accessibles autrement qu'avec une souris ou un écran tactile".

Pour les deux associations, "il y a urgence à remédier à cette forme de discrimination. D'autant plus qu'une nouvelle directive européenne entrera en vigueur en 2025. Elle concernera davantage les produits et les services, et s'étendra aux acteurs du secteur privé".

Le CAWaB et Eqla plaident notamment pour former davantage d'experts en accessibilité numérique.

 

Sur le même sujet:

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK