Abdalla Al Omari, le peintre réfugié qui déshabille les chefs d'état

Abdalla Al Omari, le peintre réfugié qui déshabille les chefs d'état
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Abdalla Al Omari, le peintre réfugié qui déshabille les chefs d'état - © Tous droits réservés

Il est souriant, détendu, affable. A 32 ans, Abdalla Al Omari a déjà bien roulé sa bosse. De sa Syrie natale qu’il a fui en 2012 à la Belgique qui l’a accueilli. Il nous a accueilli chez lui, dans son appartement-atelier du centre de Bruxelles, au milieu de ses œuvres. Des toiles à l’image de son parcours, fortes et bouleversantes.

Abadalla ne se refuse rien. Et sûrement pas de " déguiser ", ou " déshabiller " les grands de ce monde. Angela Merkel, Bachar al-Assad, Donald Trump, Barack Obama, Kim Jong Un, Vladimir Poutine…Il ne fait aucune différence et les installe tous sur le même bateau.

Ils sont gris, les visages teintés de rose. "Je voulais voir ces gens qui ont un grand pouvoir dans un autre rôle, je voulais les dépouiller de leur pouvoir. Je voulais voir à quoi ils ressembleraient si ce pouvoir disparaissait subitement. Je pense qu'en les mettant sur le même bateau avec d'autres politiciens aux opinions différentes, je voulais juste essayer de montrer que nous sommes tous responsables de ce problème, de cette question. La migration, la crise des réfugiés c’est un des problèmes que les politiques doivent résoudre. Mais il y a un dysfonctionnement dans la façon dont ils gèrent la situation !"

Peindre des hommes politiques sous les traits de réfugiés, c’est aussi pour l’artiste une façon de bousculer les notions de pouvoir, de vulnérabilité, d’inverser les rôles et d’attirer l’attention sur le partage des responsabilités. L’objectif est clairement de faire réfléchir, les chefs d’état mais aussi les citoyens. Abdalla vit désormais en Belgique. L’année prochaine, il pourrait recevoir la nationalité belge, après 5 ans sur le territoire.  " Je ne me sens pas réfugié, je me sens artiste. C'est un mot de politicien çà. Moi je ne vois pas çà comme une identité, c'est qqch de politique : être réfugié. "

Il n’envisage pas de retourner en Syrie pour l’instant. Ses souvenirs explique-il ont disparus. "Ils ont été détruits par les bombes et la violence des hommes et puis, qui peut revenir en arrière ? C'est difficile de prendre votre vie et de la mettre dans une boite, de la fermer et l'oublier. J'ai vécu en Syrie pendant 26 ans avant de partir. Alors c'est 26 ans de souvenirs, de vie, de tout."

Peut-être qu’un jour, l’artiste dessinera autre chose que des migrants, des civils empêtrés dans un conflit, des enfants pris dans les feux croisés de la guerre. Mais pour l’instant c’est impossible. J'aimerais peindre des choses statiques, ne pas avoir un message politique ou social. Mais je pense qu'avec le monde dans lequel on vit, ma conscience ne le supporterait pas, je ne pourrais pas ignorer tous ses problèmes en vivant au milieu des papillons !!! "

La vidéo d'Abdalla al Omari est à retrouver dans l'émission Le Maxi Bar de l'Europe ce dimanche 2 décembre sur la Trois à 22h40, sur TV5-monde ce lundi 3 décembre à 17h, ou sur notre plateforme Auvio.

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