Abattage sans étourdissement: "Le discours de Ben Weyts est populiste"

Lors de la fête du sacrifice, qui aura lieu le 24 septembre prochain, les musulmans sacrifient des moutons. Selon l'abattage rituel, l'animal doit être égorgé vivant, sans étourdissement. 

Cette année, cet abattage rituel devra se dérouler dans des abattoirs fixes, en Wallonie et en Flandre. Il pourra encore avoir lieu dans des abattoirs temporaires à Bruxelles. 

Et le ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts, a exprimé son intention d'interdire purement et simplement, à terme, l'abattage des animaux sans étourdissement. 

Une annonce qui a fait réagir la communauté musulmane. Michael Privot, islamologue et vice-président d'Empowering Belgian Muslims, était l'invité de Matin Première ce mardi. Pour lui, la question du bien-être animal n'est pas tranchée en ce qui concerne l'abattage. "La question du bien-être animal est, dans l’éthique musulmane de base, cruciale. La question est : comment définit-on le bien-être animal ? Est-ce que l’assommer avant contribue à son bien-être ? Il y a des avis différents dans la communauté scientifique et des campagnes de com’ avec des vidéos choquantes des deux côtés".

Mais pourquoi cet abattage rituel est-il si important ? "Il y a un verset coranique qui indique le type de viande que peut manger un musulman. Toute viande doit être égorgée. Ce qui est le cas pour toutes les viandes consommées, de toute façon. La question est : l’animal doit-il être assomé avant ? L’avis qui prévaut pour les musulmans c’est qu’il ne doit pas l’être".

Michael Privot fustige le discours de Ben Weyts. Pour lui, il est populiste. "Quand il dit : 'Dans une société civilisée, il faut évoluer’, ça ne peut que susciter l’émotion. On reconnait un discours de droite populiste. Le point d’entrée est toujours les communautés musulmanes. C’est leur dire : ‘On va apprendre à ces barbares ce qu’est la civilisation’. Et puis après : ‘Ah flûte ça concerne aussi les Juifs’. Ca montre aussi une ignorance de la classe politique par rapport à nos populations".

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