A Votre Avis: "Le renouvellement politique n'est pas qu'une question générationnelle"

"Il faut impliquer plus les citoyens pour restaurer la confiance, mais ils ne doivent pas remplacer les politiques pour autant."
"Il faut impliquer plus les citoyens pour restaurer la confiance, mais ils ne doivent pas remplacer les politiques pour autant." - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

L’occasion était trop belle : après que Laurette Onkelinx ait annoncé ce matin qu’elle se retirerait en 2019 pour "laisser la place aux jeunes", le plateau d’A Votre Avis s’est donc centré sur le thème du renouveau en politique. Avec des pontes de chaque parti autour de la table, et des membres des partis jeunes dans le public.

Une disposition géographique dont Mathieu Bihet, président des Jeunes MR, ne manque pas de se moquer dès sa première intervention: "C’est un peu triste de parler de renouveau politique en ayant mis les jeunes dans le public et les vieux briscards sur le plateau ". Ce sont d’ailleurs surtout les membres des partis politiques jeunes, assis aux côtés de leur collègue des Jeunes MR qui se montrent les plus actifs dans le débat. Autour de la table, ça reste plutôt consensuel, pas de clash à l'horizon. Comme lors de ce débat sur la participation citoyenne: oui, il faut impliquer plus les citoyens pour restaurer la confiance, mais ils ne doivent pas remplacer les politiques pour autant.

Olivier Maroy signale par exemple les expériences faites au Parlement Wallon avec le premier "panel citoyen", tandis que Karine Lalieux estime que ce qui peut restaurer de la confiance envers le monde politique, c'est de mettre plus en avant les mandataires de proximité, comme les échevins, les bourgmestres ou encore les conseillers CPAS.  

"On ne fait pas de la politique pour de l'argent"

Car s'il y a bien un point sur lequel tous sont d'accord, jeunes et moins jeunes, c'est que l'on ne s'engage pas dans un métier pareil pour de l'argent. "Si l'on regarde les heures que prestent un conseiller communal pour préparer ne serait-ce qu'un seul conseil, en faisant le calcul, on en arrive à un salaire de trois, quatre euros brut", explique Yannick Piquet, président de la Fédération bruxellois des Jeunes Socialistes.

Christophe De Beukelaer défend par ailleurs la classe politique, en ajoutant qu'au vu du nombre d'heures, si c'était pour de l'argent, un homme ou une femme politique aurait bien plus d'intérêt à aller travailler dans le privé, précisant qu'il ne se voit pas lui-même "travailler 20 ou 30 ans dans la politique. Je n'ai plus un weekend pour moi, rajoute-t-il. Ce n'est pas sain pour moi, c'est très exigeant". Pourtant, l'argument d'opposer salaire privé et salaire public ne convainc pas Mathieu Bihet: "Certes, il y a plus d'argent à gagner dans le privé. Cependant, la différence, c'est que beaucoup d'hommes politiques ont fait des erreurs, parfois très graves. Dans le privé, ils auraient été licenciés. En politique, on leur pardonne facilement et ils peuvent continuer leur travail".

Le renouvellement, pas qu'une question d'âge

Comme chaque semaine, il y avait également un étudiant dans le public. Et cette semaine, l'intervention de Dimitri Roosbeek aura été particulièrement remarquée. Face aux discours voulant faire la place aux jeunes, impliquant par la même occasion que ce sont ces jeunes qui vont apporter les idées novatrices, Dimitri affirmait tout le contraire : non au coup de balai pour "mettre tous les vieux dehors", il faut un mélange. "Je connais un député européen de 74 ans qui a des idées très innovantes, et des jeunes qui viennent d'arriver qui sont ultra traditionnalistes. Il faut des jeunes, des vieux, quels qu'ils soient, qu'ils aient 0 ou 20 ans d'expérience en politique, pourvu qu'ils apportent du neuf".

Une idée confirmée sur le plateau par Emily Hoyos, ancienne co-présidente d'Ecolo : "Ce qui est important, pour nourrir l'action et la créativité politique, c'est d'avoir des hommes et des femmes qui entrent en politique à 40 ou 50 ans, après avoir fait un autre métier". Pourquoi pas dès lors élargir la notion de congé politique, aujourd'hui réservé aux enseignants et fonctionnaires, pour permettre que ces personnes viennent faire un mandat puis retournent dans le privé, propose Olivier Maroy? 

Mathieu Bihet souligne par ailleurs le manque de cohérence qui règne dans tous les partis, y compris le sien. "Beaucoup ont défendu des mesures pendant très longtemps, et à l'heure où ils devaient se l'appliquer à eux-mêmes parce qu'ils étaient en majorité pour le faire, ils ne le faisaient pas. Y compris au MR." Pour lui, quand on propose une mesure, il faut l'appliquer dès que possible, et encore plus si ça s'applique à soi-même, pour montrer l'exemple. "C'est comme ça qu'on va réenchanter la politique. C'est important pour redonner confiance", estime le président des jeunes MR. 

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