A quoi ressemblera la rentrée scolaire en Flandre ?

A quelques jours de la rentrée, une mesure a plus particulièrement suscité l’intérêt des médias du nord du pays. Il s’agit de la mise en place d’une évaluation individuelle de chaque élève flamand dès le mois de septembre. Le défi sera-t-il toutefois réalisable ?

Les élèves et les enseignants ont encore pas mal d’incertitudes concernant leur nouveau quotidien qui commencera dans quelques jours. Au niveau du port du masque, on sait qu’il sera imposé aux secondaires, même si le CD&V n’y est pas favorable.

On sait aussi que les écoles néerlandophones devront évaluer chacun de leurs élèves pour mieux mesurer les dégâts intellectuels et psychologiques que les jeunes ont pu subir pendant le confinement. Concrètement, il s’agira d’établir si des retards ont été enregistrés, mais aussi de mettre le doigt sur d’éventuels problèmes émotionnels liés au lockdown.

Comment évaluer 1,2 million d’élèves ?

Les réseaux de l’enseignement catholique et communautaire ont appelé les écoles à multiplier les conseils de classe. Les enseignants pourront aussi choisir les méthodes d’évaluation. Il s’agira par exemple de tests, de travaux, de discussions de groupes ou encore d’observations individuelles.


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Tout cela risque toutefois d’être assez contraignant, et ce, pour tout le monde. Si, selon les responsables de l’enseignement flamand, l’idée n’est pas de mettre encore plus de pression sur les profs – surtout après les mois qu’ils ont vécus – ni de bombarder les élèves de contrôles, on se demande comment tout ça va être mis en place. Les syndicats s’inquiètent d’ailleurs déjà des conséquences de cette mesure, et demandent qu’un soutien soit prévu, surtout dans les classes de primaire.

Des répercussions sur le long terme

Pourquoi la Flandre accorde-t-elle tant d’importance à ce "scan mental et cognitif" de ses élèves ? Il faut savoir qu’une absence de l’école durant plusieurs mois peut avoir des conséquences très lourdes, à court et à long terme.

Lors de cette rentrée, les profs vont être confrontés à des différences de niveau encore plus marquées entre les élèves. Ces différences toucheront sans doute plus fortement les jeunes qui ne parlent pas le néerlandais à la maison et qui ont donc longtemps été déconnectés de la langue d’apprentissage. Les enfants les plus défavorisés risquent, eux aussi, aussi de payer plus cher les pots cassés, puisqu’ils sont nombreux à ne pas avoir pu suivre les cursus à distance ou bénéficier d’un accompagnement chez eux.


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L’objectif premier sera donc de rectifier le tir au plus vite, car à long terme, les répercussions pourraient être d’ordre économique. Dans le Nieuwsblad, le professeur de la KUL, Kristof De Witte prévient : on risque d’être confrontés à une augmentation du nombre d’élèves qui redoublent ou qui quittent l’école sans diplôme. Cette augmentation engendrera à son tour une baisse des revenus et une hausse du chômage. Les pertes salariales pourraient, selon lui, atteindre jusqu’à 50% du PIB. La situation affecterait donc les principaux concernés, mais aussi l’ensemble de la société.

Ce que l’on sait déjà

A-t-on finalement déjà une idée des dégâts provoqués par le coronavirus au niveau scolaire ? Les prochains mois devront évidemment permettre d’en savoir plus, mais d’après une enquête menée par Sanoma Learning au début du mois de juin, les enseignants flamands ont massivement utilisé les plateformes numériques durant le confinement. 89% d’entre eux l’ont fait plusieurs fois par semaine, c’est un peu plus que la moyenne européenne. Le sondage révèle aussi un franc succès des webcasts au nord du pays.


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Durant ces 3 mois, la Flandre aura donc clairement fait un bond en avant en termes d’enseignement à distance. Mais cela ne signifie pas que tous les élèves ont pu correctement acquérir les matières dispensées. Selon la même enquête, la grande majorité des profs estime d’ailleurs que leurs élèves ont globalement passé moins de temps à travailler et à faire leurs devoirs. Difficile donc de savoir quel sera le niveau des écoliers flamands à la rentrée. La seule certitude est que le défi qui attend les enseignants sera de taille.

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