À Ostende, on transforme l'eau salée en eau douce potable, une première en Europe occidentale

Une station d’épuration vient d’être inaugurée ce vendredi à Ostende. Il est désormais possible de transformer de l’eau salée en eau potable en Belgique. La compagnie des eaux Farys entend ainsi diversifier ses approvisionnements et réduire sa dépendance en eau potable venue de Wallonie.

"C’est une première en Europe occidentale ", se réjouit Christophe Peeters, président de l’intercommunale flamande des eaux Farys qui a construit la station à Ostende. Il existe déjà différentes stations d’épuration qui dessalent l’eau de mer, mais l’eau qui en sort n’est pas potable, contrairement à la station à Ostende.

Le président de Farys explique : "Les autres stations enlèvent les impuretés, le sel mais aussi les minéraux. Or, ce sont précisément ces minéraux qui sont indispensables pour obtenir de l’eau potable. Ici, nous les rajoutons pour ensuite distribuer l’eau aux ménages."

Ce vendredi, l’usine a été connectée au réseau. Elle pompera de plus en plus d’eau du canal Bruges-Ostende. Dans quelques mois, la production devrait atteindre 12.000 mètres cubes par jour. Les habitants d’Ostende et de Middelkerke pourront ainsi être approvisionnés en eau potable, soit environ 100.000 personnes (hors-saison touristique). La station servira aussi de "back up" en cas de calamités ou de sécheresse.

La Flandre presque à sec

Contrairement à la Wallonie, la Flandre dépend fortement des eaux de surface comme les rivières pour son approvisionnement en eau. Elle est d’ailleurs la seule région d’Europe occidentale à être en "pénurie hydrique extrême", selon des chercheurs du World Resources Institute de Washington.

Dans une grande partie de la zone entre l’Escaut et le sillon Sambre-et-Meuse, l’agriculture irriguée, les industries et les communes utilisent en moyenne chaque année plus de 80% des réserves disponibles.


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En 2018, les compagnies d’eaux flamandes ont acheté respectivement 34,1 et 27,8 millions de mètres cubes à Bruxelles et à la Wallonie, selon le magazine Médor. D’après un rapport de la même année de l’Agence flamande de l’environnement (VMM), les compagnies d’eau flamandes, notamment Farys et AGSO Knokke-Heist, dépendent de ces transferts Sud-Nord.

Diversifier ses sources

En construisant cette station d’épuration, Farys entend donc diversifier son approvisionnement et diminuer son indépendance vis-à-vis des eaux venant du sud du pays. Pour l’instant, l’intercommunale qui siège à Gand, s’approvisionne à plusieurs centaines de kilomètres de là dans la Meuse à hauteur de Dinant et dans le canal Albert.

Christophe Peeters assure également que la construction de la station d’épuration à Ostende n’aura pas d’influence sur le prix : "On épargne sur les coûts de transport. Au final, le prix de l’eau dessalée est similaire à celle qui provient de Wallonie. "

À terme, la compagnie des eaux Farys compte bien intensifier le dessalement de l’eau de mer à l’avenir pour atteindre 9 voire 10 millions de mètres cubes par an : "Nous avons suffisamment d’espace dans nos bâtiments pour doubler nos capacités de production. "

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