A Madagascar, une biologiste belge sensibilise à la protection des requins baleines

Madagascar a récemment été identifié comme une zone d’alimentation pour le requin baleine. Le plus gros poisson du monde apparait en surface durant la période où il s’alimente, dans une dizaine de zones du globe. En dehors de ces périodes, les scientifiques ne peuvent l'observer. Ils ne peuvent étudier la mégafaune marine qui évolue en-dessous de 2000 mètres de profondeur.

A Madagascar, on appelle ce gros poisson mystérieux "Maroukinetane" : les milliers d’étoiles. Au large de la petite île de Nosy Be, au nord-ouest du pays, de nombreux touristes font des milliers de kilomètres pour vivre sous l’eau cette rencontre unique. Et les chercheurs percent de plus en plus de mystère sur l’espèce. Parmi les spécialistes mondiaux des requins baleines il y a une biologiste belge. Elle poursuit une étude unique au monde.

Dressé à la verticale

Stella Diamant n’a pas encore trente ans et partage sa vie entre les deux hémisphères. La RTBF l'a suivie, en immersion dans les eaux chaudes, au large de Nosy Be. Les eaux y sont particulièrement poissonneuses. Dressé à la verticale, le requin baleine vient se nourrir à la surface en maquereaux et sardines. Son menu est le même que celui d’autres poissons, bien plus petits que lui, comme les bonites. De septembre à décembre, le requin baleine est un atout pour la première destination du pays. La biologiste bruxelloise Stella Diamant travaille sur l’espèce depuis 3 ans : "Ce qu’on fait ici c’est de la photo-identification, pour évaluer le nombre d’individus à la fin de la saison. On n’a pas encore la technologie pour le suivre à moins de 2000 mètres, mais c’est le rêve de tout scientifique qui étudie l’espèce. Savoir où il va, lorsqu’il reste au fond pendant des mois. C’est encore un grand mystère".

Espèce menacée

Depuis le début de la saison, la biologiste a pu identifier 117 individus, un record. Et ce n'est qu'un début. Les requins baleines rencontrés à Nosy Be sont principalement des juvéniles, une jeunesse à protéger. Car l’espèce est menacée sur le plan mondial - pour le commerce de ses ailerons. La sensibilisation fait partie du programme de recherche. Cela passe par les touristes, mais aussi les écoles.

Stella Diamant est bénévole dans ses missions. Une fois la saison terminée, elle passe l’autre moitié de l’année à la recherche de financements. Mais en son absence, les acteurs locaux se déploient à leur manière. Et les jeunes générations constituent également des relais auprès de leur famille. Les connaissances transmises aux enfants malgaches en font des ambassadeurs de la biodiversité. Leur rôle est d’autant plus important dans un pays où la pauvreté n’élève pas toujours la protection de l’environnement au premier rang des priorités.

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