A la place de Puigdemont, les indépendantistes catalans proposent comme président Jordi Sanchez... qui est détenu

Jordi Sanchez, à droite
Jordi Sanchez, à droite - © AFP

Les partis indépendantistes catalans sont proches d'un accord afin de proposer un candidat alternatif à Carles Puigdemont pour la présidence de la Catalogne, qui pourrait être Jordi Sanchez, dirigeant d'association indépendantiste emprisonné depuis la mi-octobre, a annoncé un élu indépendantiste.

"A ma connaissance cet accord est imminent et (Sanchez) est une option sur laquelle on travaille", a déclaré lundi soir à la radio Cadena Ser Carles Campuzano, porte-parole du PdeCAT, le parti conservateur et indépendantiste dont est issu Carles Puigdemont.

Le petit parti d'extrême gauche indépendantiste, la CUP, a cependant mis un bémol mardi: "Pour notre part, nous sommes loin voire très loin d'un possible accord", a dit son porte-parole Carles Riera, en précisant qu'aucune décision ne serait prise par sa formation avant son conseil politique du samedi 3 mars.

Le seul candidat à la présidence régionale était jusqu'à présent Carles Puigdemont, président de la Catalogne entre janvier 2016 et fin octobre 2017. Il avait été destitué par Madrid en même temps que son gouvernement après la proclamation d'une "République catalane" au parlement régional.

Dans le camp des partis indépendantiste qui ont remporté les élections régionales du 21 décembre, la liste de M. Puigdemont était arrivée en tête.

Mais M. Puigdemont, installé à Bruxelles et sous le coup d'un mandat d'arrêt pour "rébellion" et "sédition" en Espagne, ne peut être investi président à distance: la Cour constitutionnelle a prévenu qu'elle invaliderait toute tentative en ce sens.

Depuis fin janvier les trois formations indépendantistes - majoritaires en sièges avec 70 députés catalans sur 135 - négocient pour tenter de surmonter l'obstacle.

Présidence "symbolique"?

La Gauche républicaine de Catalogne (ERC), arrivée deuxième dans le camp indépendantiste, s'est montrée très tiède à l'idée de braver une nouvelle fois la justice espagnole. Elle a proposé une présidence "symbolique" pour M. Puigdemont.

Selon plusieurs quotidiens, M. Puigdemont aurait finalement cédé.

Le journal El Pais croit même savoir qu'une cérémonie pourrait être organisée dimanche à Bruxelles pour souligner, malgré tout, sa "légitimité".

Dans les faits, comme l'a suggéré M. Campuzano, les indépendantistes privilégieraient pour l'instant comme alternative le numéro deux de la liste de M. Puigdemont, Jordi Sanchez, 53 ans, dirigeant de la plus puissante des associations indépendantistes, l'Assemblée nationale catalane (ANC).

M. Sanchez est cependant en détention provisoire depuis la mi-octobre pour "sédition", en lien avec une manifestation organisée le 20 et le 21 septembre à Barcelone.

Cette manifestation, qu'il avait encouragée, avait notamment abouti au blocage pendant plusieurs heures de l'entrée et la sortie d'un bâtiment où la garde civile menait des perquisitions.

Amnesty international estime que son incarcération, comme celle de Jordi Cuixart, chef d'une autre association indépendantiste, est "excessive".

Dans tous les cas, pour être investi, M. Sanchez devrait obtenir une autorisation du juge de la Cour suprême en charge de l'enquête, Pablo Llarena.

Or ce magistrat avait déjà refusé une permission de sortie à l'ex-vice-président catalan Oriol Junqueras (ERC), élu comme lui, et qui souhaitait assister à des sessions parlementaires.

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