À Forest National, un cri de détresse de tous les "oubliés de la culture"

À Forest National, un cri de détresse de tous les « oubliés de la culture »
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À Forest National, un cri de détresse de tous les « oubliés de la culture » - © Tous droits réservés

Cela a duré quelques minutes, sur la scène de Forest National, cet après-midi. Un spectacle? Non. Une action. Un cri de détresse. À la manœuvre ? Le collectif "Your Culture, Our Future!" (Votre Culture, notre Avenir, NDLR), qui avait déjà rédigé un manifeste, pour alerter sur la situation de tous les anonymes de la culture, forcés d'arrêter leurs activités à la suite du coronavirus : ouvreuses, techniciens et techniciennes, éclairagistes… Toutes celles et tous ceux que l’on ne voit pas forcément lorsque, confortablement installés dans un fauteuil, on assiste à un spectacle. Aujourd’hui, ils ont voulu se faire voir – et entendre – sur la scène désertée de Forest National.

Tout s’est fait en respectant évidemment les mesures de distanciation sociale. Dès le début, une voix invite à se tenir debout, à l’intérieur d’un carré rouge dessiné au sol, à très bonne distance d’un voisin lui aussi masqué. L’obscurité se fait, une voix surgit des haut-parleurs. "Je suis artiste", "Je suis dramaturge", "Je suis costumière"… Une longue liste d’anonymes, ceux de l’ombre, de la productrice à l’hôtesse, en passant par le colleur d’affiches, et l’intermittent. Soudain, une pluie de petits papiers tombe du plafond, comme à la fin d’une revue à Broadway. Un petit tract où il est écrit, entre autres, "C’est le dernier spectacle".

L’initiateur de cette action coup de poing, Pierre-Alain Breeveld, gérant d’une société d’événements, alerte : "Nous sommes tous en train de devenir des anonymes et c’est très difficile à vivre."

Car peu à peu, les métiers disparaissent, les faillites s’enchaînent, un véritable naufrage, "250.000 emplois. 250.000 individus qui ont des familles, donc le travail est colossal et concerne des centaines de milliers de personnes qui, pour certains, du jour au lendemain, n’ont plus eu un franc. Certaines entreprises, dont la mienne, du jour au lendemain, ont un chiffre d’affaires qui est passé de quelques dizaines de milliers d’euros à zéro", insiste notre interlocuteur.

Car derrière les arts vivants, il y a une machinerie complexe, des hommes, des femmes, des familles, que le gouvernement, "ne perçoit pas", dit-on ici. C’est pourquoi ils demandent maintenant un réel soutien économique et un vrai plan de relance crédible.

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