Opaline Meunier: "Il faut que Marcourt assure aux étudiants reçus-collés qu'ils passent bien en deuxième"

Toujours pas de solution claire concernant les quotas de médecins et le concours d’entrée en médecine, alors que la rentrée académique approche à grands pas. Le Conseil d’État a donné raison aux étudiants qui contestaient l’examen organisé par la Communauté française à la fin de la première année. Pour Opaline Meunier, la présidente de l’Unecof, l’Union des étudiants de la Communauté française, l’heure n’est plus au débat autour d’un examen en début ou en fin de première année. Elle était l'invité de Bertrand Henne dans Matin Première ce vendredi. 

"L’enjeu aujourd’hui est de santé publique : est-ce qu’on aura suffisamment de médecins demain ? Est-ce que nos hôpitaux vont être vidés de leur première ligne ? C’est ça l’enjeu selon nous."  Mais la représentante des étudiants francophones a tout de même son avis sur l’idée d’organiser un examen avant la première année : "On pense que ce n’est pas très malin de juger qui sera un bon médecin sur base du niveau de secondaire. A la fin de la première, ça avait au moins l’avantage de laisser une année pour remettre tout le monde à niveau."

C’est absurde d’arriver à une situation où on empire la pénurie au sud du pays

Concernant l’idée du lissage négatif, c’est-à-dire le fait de limiter le nombre de numéros Inami dans les prochaines années pour compenser ceux qu’on avait donné en surplus ces dernières années, Opaline Meunier a des craintes pour les petites universités. Selon elle, "c’est suicidaire pour l’enseignement supérieur en Communauté française. Pour nous, cela revient à condamner des universités comme Namur et Mons où on aurait entre 25 et 50 étudiants à diplômer en troisième bac. Une faculté à 25 étudiants en médecine, au prix que coûte la formation d’un étudiant en médecine, devra fermer ses portes. C’est absurde d’arriver, après un blocage de négociations, à une situation où on empire la pénurie au sud du pays. Quand on est dans une situation de pénurie grave, je pense qu’il y a une urgence de dire qu’il faut un numéro au moins pour ceux qui sont dans le cursus actuellement".

Couper court aux fantasmes

Opaline Meunier veut couper court au fantasme du wallon qui consomme énormément de soins de santé. "Nous avons des études produites par l’Inami qui montrent que c’est absolument faux, affirme la présidente de l’Unecof. C’est un fantasme qui serait de dire : 'S’il y a moins de médecins, ça coûte moins cher à la sécurité sociale'. C‘est absolument faux. Au contraire, s’il n’y a pas de première ligne, les symptômes empirent, il faut aller chez les spécialistes, procéder à des examens plus onéreux. Et donc c’est ça qui coûte cher, ce n’est pas la visite chez le généraliste."

Un comportement anormal

L’Unecof a déposé un préavis de grève suite au blocage des négociations entre Jean-Claude Marcourt et Maggie De Block. Pour sa présidente, la situation est inhumaine pour les étudiants reçus-collés qui, à dix jours de la rentrée, ne savent toujours pas s’ils pourront passer en deuxième bachelier après l’invalidation par le Conseil d’État du concours de sélection. "Il faut que Jean-Claude Marcourt assure aux étudiants reçus-collés qu’ils passent bien en deuxième, et qu’il communique sur l’avancée des négociations avec Maggie De Block pour savoir vers où on s’oriente. Dans ce cas-là, nous lèverons notre préavis." Opaline Meunier déplore également l’absence de contacts avec le cabinet Marcourt. "Ce n’est pas un comportement normal de la part du ministre", commente-t-elle.

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