À Charleroi Airport, "2000 à 3000 personnes ont accès aux zones sensibles"

En trois ans, vingt personnes ont vu leur badge d'accès désactivé en procédure d'urgence à l'aéroport de Zaventem, deux personnes à celui de Bierset et deux travailleurs à l'aéroport de Charleroi. Des personnes qui avaient jusqu'alors accès aux zones sécurisées et sensibles de ces aéroports et qui, suite à des faits, des soupçons de radicalisation, ou encore parce que leur nom est cité dans une enquête en cours, ont été licenciés. À l'image d'Abdellah Chouaa, cinquième inculpé en Belgique dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris.

Le directeur général de l'aéroport de Charleroi, Jean-Jacques Cloquet, a confirmé le chiffre ce lundi sur le plateau de notre JT de 13 heures : "Une personne qui travaillait chez un sous-traitant et une personne qui travaillait à l'aéroport", détaille-t-il. Des personnes qui avaient accès à des lieux sensibles, comme "2000 à 3000 personnes" dans la cas de l'aéroport de Charleroi-Bruxelles-Sud.

Le système fonctionne

Mais, "le système a bien fonctionné", assure-t-il. "On a été informé directement du retrait de badge et, à ce-moment, évidemment, nous licencions la personne."

Les badges d'accès aux aéroports sont accordés pour une période de cinq ans. Une commission est chargée d'examiner chaque cas individuel lors de l'octroi du badge ou lors de sa prolongation. Police fédérale et services de renseignement sont associées à l'enquête de sécurité qui comprend plusieurs volets dont celui lié à la menace terroriste.

Le directeur général a lui aussi son badge et est soumis aux mêmes règles que les autres travailleurs : "À chaque fois que je passe vers la zone sécurisée, je suis contrôlé, fouillé (...). J'ai les mêmes contrôles qu'un passager normal qui prend l'avion. Et tous le personnel l'est de la même manière".

Le risque de sabotage est faible

Mais la validité de cinq ans ne signifie pas pour autant qu'il n'y a aucun contrôle durant cette période. "On peut supprimer un badge pour différentes choses : violence, trafic de drogue, trafic d'armes, ou du radicalisme... À ce moment-là, ce sont les organismes agréés qui contrôlent, et, s'il y a soupçon ou infraction, ils préviennent évidemment les autorités compétentes. Sur base d'informations reçues, des faits concernant des personnes, il y a soit enquête, parce qu'il y a un doute, soit retrait direct du badge et licenciement", précise Jean-Jacques Cloquet.

Et quid d'un éventuel sabotage par une personne chargée de la maintenance des avions ? Le directeur général n'y croit guère, car les personnes sont, dit-il, bien "screenées" (contrôlées préalablement), le commandant de bord revérifie lui aussi un certain nombre de paramètres, il existe "tous des systèmes de sécurité redondants sur les avions" et des alarmes s'enclenchent en cas de problème.

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