A Bruxelles, les chiens ont leur bar et leur bière, sans alcool

Toutoubar au parc de Wolvendael
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Toutoubar au parc de Wolvendael - © GEORGES GOBET (AFP)

Les chiens bruxellois ont désormais leur bar, ouvert dans le pavillon Louis XV situé au coeur du parc de Wolvendael, à Uccle, mais ils n'ont visiblement pas encore assimilé les règles de savoir-vivre de Nadine de Rothschild.

Si on en croit ce qui se passe aux Etats-Unis, notamment, le chien est un enjeu économique important : bijoux, accessoires, robes de mariées (et costume pour monsieur), nourriture choisie. Chez nous aussi, chiens et chats sont gâtés. Il suffit de se promener dans les rayons "nourriture pour animaux" de n'importe quel grand magasin même non spécialisé pour s'en apercevoir... Le côté émotionnel est pris en compte aussi. Il est vrai que perdre un fidèle compagnon à quatre pattes peut être un moment difficile et il y a moyen de lui rendre hommage comme on le ferait pour un être humain. Le chien ou le chat, principalement, sont bien souvent les derniers compagnons dans les grandes villes où la solitude a tendance à se répandre.
Dernière nouveauté, à Uccle, le Toutoubar, inauguré il y a quelques jours dans le Parc de Wolvendael, au Pavillon Louis XV. Quelques convives ont déjà flairé le terrain.

Au "Toutou Bar", dans ce quartier cossu d'Uccle, Marshall a commandé une crème glacée, mais il s'est enfui avant même que le serveur ne la lui serve. Smile n'a fait qu'une bouchée du poulet, mais n'a pas touché à la salade de carottes et de pommes qui l'accompagnait.

 

Quant à Arthur, il s'est tout bonnement oublié sous la table, ce qui a ravi deux autres clients à quatre pattes, attirés par le fumet de ses déjections. Pendant ce temps, le petit Elliot ne tenait aucun compte de l'étiquette et sautait sur la table pour déguster son hamburger.

 

C'était le premier jour d'ouverture du Toutou Bar (www.toutoubar.be) et une petite meute de labradors, colleys et autres schnauzers profitaient de cette sortie au parc pour renifler les restes de repas ou l'arrière-train de leurs congénères

 

"Essayez notre bière", lance le patron du bar, Bernard Schol, qui sur son profil Facebook se définit comme un "chercheur d'or".

 

"Les Belges adorent leurs bières et nous avons donc décidé d'en brasser une spécialement pour les chiens", ajoute-t-il.

 

Délicatement parfumée à l'os-à-moelle, la Red Dog Energy Beer se présente sous la forme de petites bouteilles capsulées. Comme les célèbres trappistes et bières d'abbaye qui font la fierté du royaume.

 

Pourtant, Poulette, une petite schnauzer, ne semble pas convaincue par le breuvage sans alcool, contrairement à son maître, qui après avoir sucé un doigt trempé dans l'écuelle, lance: "C'est bon".

 

Une nourriture soigneusement choisie

 

Bernard Schol assure qu'à l'instar d'autres bars à chiens ouverts à-travers le monde --mais qui n'existaient pas jusqu'ici en Belgique--, tout a été conçu pour satisfaire les plus fidèles compagnons de l'homme.

 

Les crèmes glacées ne contiennent pas de sucre, tandis que les plats de viandes et de légumes riches en vitamines ne sont pas épicés. "Les chiens n'ont pas les mêmes goûts que nous", explique-t-il, même si les bipèdes peuvent commander les mêmes assiettes, tout juste un peu plus relevées.

 

"C'est la nourriture la plus saine dont un chien peut rêver", insiste le patron de bar de 52 ans, qui s'inscrit dans un secteur d'activité en plein boom à-travers la planète et qui a vu se multiplier les vêtements de luxe, les consultations psychologiques et même les robes de mariées pour la race canine.

 

Le Toutou bar peut aussi s'enorgueillir d'être voisin d'une statue de Tintin et Milou, alors que Hergé, le "père" du célèbre reporter et de son fidèle compagnon, repose dans un cimetière proche.

 

"Je pense que c'est une superbe initiative", s'enthousiasme Georges Blau-Turner, le propriétaire de la dévoreuse de glace Marshall, né d'une colley et d'un chien de berger australien.

 

Tout le monde ne partage pas le même enthousiasme

 

"Le monde est devenu fou", dit l'un. "En Belgique, il vaut mieux être un chien que pauvre", commente un autre, tandis qu'un troisième regrette cette "américanisation" de la société belge.

 

Bernard Schol rejette ces critiques, qu'il attribue aux "habituels grincheux". Mais il reconnaît que servir des chiens n'a pas que des avantages.

 

"En général, les clients ne balancent pas leurs assiettes par terre", sourit-il.

 

 

 

M.S. avec AFP

 


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