A Bruxelles, l'art urbain a trouvé son temple européen

5000 mètres carrés consacrés à l'art urbain dans la capitale européenne? Le pari était sans doute fou mais il est réussi! Ce qui était autrefois une patinoire (pour patins à roulettes) puis un Delhaize s'est transformé en espace de jeu pour les artistes graffeurs de tous poils. 

Pour Fred Atax, co-initiateur du projet avec Alexandra Lambert, l'idée de Strokar Inside était "de rassembler tout le monde dans un grand espace". Ironie de l'histoire, l'endroit était un temple de la consommation et devient une galerie pour des artistes qui travaillent gratuitement: "L'idée que c'était un temple capitaliste, c'est pas mon délire, explique Fred Atax, je voulais donner l'opportunité aux artistes de travailler comme ils travaillent en rue, sur des murs relativement grands". Dont acte. 

 

T-Kid et Cope2, deux monstres sacrés du street art présents à Bruxelles

Parmi les artistes qui ont apposé leur griffe entre les murs de l'ex-supermarché, il y a l'Américain T-Kid, l'un des papes du street art: "Ici à Bruxelles, c'est la première fois que je fais quelque chose comme ça. C'est vraiment excitant pour moi parce que je travaille avec certains artistes locaux. J'apprends des techniques qu'ils utilisent et je les incorpore dans mes œuvres." 

Depuis ses débuts dans les années '70, le monde du street art a beaucoup changé. A l'époque, taguer vous envoyer illico en prison: "J'ai été arrêté trois fois! C'était illégal. C'était très excitant, c'était nouveau, j'étais l'un des premiers à le faire. J'écrivais mon nom sur des trains. J'en suis venu aux graffitis via les gangs en 1973 et en 1977 je me suis fait tirer dessus. J'ai décidé de quitter les gangs et 
de peindre par moi-même et je me suis consacré à peindre des trains, seul. Ma galerie, c'était le métro new-yorkais et j'ai appris à m'exprimer ainsi au lieu de la violence et tout ça".

Un lieu en constante évolution

Parmi les signatures à découvrir, il y a celles de l'Italien Andrea (voir ci-dessus), du Belge Jean-Luc Moerman ou encore du collectif français Iretge. Des signatures qui disparaîtront peut-être dans les mois à venir, "le street art se renouvelle, c'est comme les murs en rue. De meilleurs graffitis viennent en recouvrir d'autres. Ici ce sera pareil", précise le peintre bruxellois Jean-Luc Moerman. 

Sans doute une raison de plus pour aller s'évader à intervalles réguliers dans cet ancien supermarché.

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