A 18 ans, elle édite son deuxième manuel scolaire, qui veut changer l'image de la Flandre auprès des élèves

L'invitée de Jour Première ce jeudi est Pauline Nissen, qui vient de publier à 18 ans la deuxième version de ce manuel de néerlandais aux éditions Gai Savoir, manuel intitulé "Op weg naar (Vla)anderen!", que l'on peut traduire par "En route vers la Flandre".

Vous avez 18 ans, vous avez deux manuels à votre actif. Parlons d'abord du premier : comment est venue l'idée de rédiger ce manuel ? Vous aviez quel âge ?

Quand j'ai eu l'idée, j'avais 12 ans. En fait, j'étais à la fin de ma première secondaire en néerlandais et je venais aussi de débuter l'immersion en néerlandais. C'était assez compliqué de me retrouver dans les manuels qu'on utilisait. Je trouvais qu'on avait des magazines entre les mains et donc j'ai commencé sur le côté à faire mes propres notes, mes propres synthèses. Et il s'est trouvé que ce petit cahier s'est retrouvé dans les mains de tous mes camarades parce que c'était bien pratique. À la fin de l'année, je me suis dit "tiens, est-ce qu'on ne ferait pas un vrai manuel de néerlandais beaucoup plus structuré ?"

En quoi est-il différent des manuels que l'on utilise à l'école ?

Ce que j'ai vraiment voulu faire, c'est structurer la matière. Ce n’est vraiment pas chercher pendant 15 minutes après "qu'est-ce qu'on doit étudier pour une interro ?" c'est vraiment clair et structuré. Il y a également l'aspect particulier que c'est une élève qui l'écrit pour des élèves. J'ai vraiment voulu partager mes trucs et astuces.

Vous avez un truc par exemple pour ceux et celles qui nous écoutent et qui ont du mal à apprendre la langue néerlandaise ?

Des conseils qu'on répète généralement souvent, mais ça fonctionne. En tout cas, pour la plupart des personnes, c'est régulièrement écouter des journaux. Par exemple, la VRT, mais de manière assez passive à la radio le matin, quand on prend la route, etc. Ce genre d'immersion va nous permettre de mieux comprendre, à mieux se familiariser avec le néerlandais.

Est-ce que vous pensez, puisque vous sortez un manuel de néerlandais, vous pensez qu'on n'enseigne pas bien le néerlandais aujourd'hui dans les écoles ? Qu'il manque quelque chose ?

Oui, il manquait quelque chose en tout cas pour le deuxième, c'est vraiment que j'ai voulu combler avec des vidéos. En fait, je me suis remise en première année, où j'utilisais, un enregistreur donc on n'entendait que du son. Et je me suis demandé "est-ce que c'est vraiment la réalité ?". Dans la réalité, à part écouter la radio ou avoir un appel téléphonique, est-ce qu'on n'entend que le son ? En fait non, il y a l'image, il y a la personne aussi. On voit toute sa gestuelle et toute sa gestuelle peut nous permettre de mieux comprendre le message. Donc c'est un peu dommage de proposer que du son alors que maintenant on développe de plus en plus le numérique, on peut proposer des vidéos. C'est ce qu'on a fait dans ce manuel.

Dans le deuxième manuel, "Op weg naar (Vla)anderen!", vous avez voulu amener la culture flamande auprès des élèves francophones.

Oui, j'ai même fait une mini enquête dans mon école lundi pour demander aux élèves tiens qu'est-ce que vous connaissez sur la culture flamande ? Et la plupart des réponses : "Ben rien". On n’apprend rien en cours et je trouvais ça un peu triste qu'on n'apprenne rien du tout de la culture flamande en cours. Et c'est ça que j'ai voulu mélanger : les quatre compétences que l'on apprend à l'école - écouter, parler, lire et écrire - avec la culture flamande.

Pourquoi ça reste une des matières les plus difficiles, en tout cas les moins aimés par les élèves francophones à votre avis ?

À mon avis, ce ne sont pas forcément les cours de néerlandais qui font ça, mais c'est la société en général. On a toujours eu un recul par rapport à la Flandre, par rapport aux Flamands. On a toujours l'impression qu'ils sont séparatistes et qu'ils veulent tous partir alors que de tous les habitants que j'ai rencontrés ce n’est vraiment pas le cas. Donc on a un peu changé ces images-là.

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