84 dossiers ouverts pour discriminations ou violences homophobes en Belgique en 2017

84 dossiers ouverts pour discriminations ou violences homophobes en Belgique en 2017
84 dossiers ouverts pour discriminations ou violences homophobes en Belgique en 2017 - © JONAS ROOSENS - BELGA

A l'occasion de la Belgian Pride 2018, Unia, le centre interfédéral pour l'égalité des chances, a dévoilé ses chiffres sur l'homophobie dans un communiqué. En 2017, 84 dossiers ont été ouverts pour discriminations ou violences en raison de l'orientation sexuelle. Une petite diminution par rapport à 2016, qui avait compté en moyenne 90 dossiers annuels. 

30% de ces dossiers concernent le domaine "Vie en société", c'est à dire les faits qui se produisent dans l'espace public, dans les relations de voisinage ou au niveau intra-familial. 

8 dossiers pour agressions physiques

Pour Patrick Charlier, directeur d’Unia, cela donne une indication qui doit interpeller : "Ce domaine de la " Vie en société " arrive en première position sur le critère orientation sexuelle, c’est une vraie singularité par rapport autres critères protégés. Cela démontre une forme d’intolérance et d’hostilité émotionnelle, un rejet quasi instinctif qui se traduit dans l’espace public, parfois de manière très violente. Un constat inquiétant alors qu’il y a depuis de très nombreuses années une reconnaissance légale et donc une acceptation de l’égalité (mariage entre personnes de même sexe, adoption etc.)."

Unia a aussi ouvert 8 dossiers pour agressions physiques (coups et blessures) en 2017. L'actualité récente a d'ailleurs été marquée par un nouveau cas à caractère homophobe dans le centre de Bruxelles"C’est évidemment intolérable et il faut que la société dans son entièreté condamne fermement ce genre de faits et que les autorités puissent retrouver et punir les auteurs", s’insurge Patrick Charlier.

3 condamnations pénales

Il précise aussi que les agressions verbales sont tout autant violentes et traumatisantes pour les victimes. "Si on additionne les faits de harcèlements, d’intimidation, de menaces et d’insultes verbales, nous totalisons l’année dernière 46 dossiers pour des cas d’agressions verbales ; et ce chiffre ne représente que notre activité, sans doute donc la pointe de l’iceberg. Bon nombre de personnes homo/bisexuelles refusent encore de porter plainte à la police ou même de nous contacter, vu le contexte sociétal ou familial relatif à l’homosexualité."

A côté de ces instructions toujours en cours, Unia pointe 3 condamnations pénales devant les tribunaux en 2017 pour des discours de haine et agressions, "ce qui confirme le caractère haineux plus que discriminatoire des comportements".

Unia insiste finalement sur le fait "qu’il est important de porter plainte pour que la Justice puisse faire son travail et condamner les auteurs de tels faits."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK