Direct / 75 ans de la libération d'Auschwitz : émotion et devoir de mémoire pour les survivants

Le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau s’apprête à recevoir ce lundi 27 janvier de nombreux leaders mondiaux pour rendre un hommage officiel aux victimes de la barbarie nazie. Il y a 75 ans, le 27 janvier 1945, le camp de la mort allemand était libéré par l’armée soviétique et livrait au monde l’un des témoignages les plus sombres du nazisme et du martyre du peuple juif.


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Premières images apparaissent, aux premiers rangs, des rescapés. La cérémonie est très importante. Les témoins commencent à disparaitre. Dans 5 ans, 10 ans, leur voix disparaitra sans doute. 

Certains rescapés sont plus présents que d’autres. Certains n’ont jamais pu retourner sur les lieux de leur détention. Parfois ils n’ont jamais repris pied dans la vie comme l'explique Laurence Schram, historienne. " Ils n’ont pas bénéficié de soutien à leur retour, ils étaient étrangers ou apatrides. Ils ont dû repartir de zéro par leurs propres moyens. On peut dire quelques part qu’ils sont restés enfermés à Auschwitz ".

De nombreuses délégations sont présentes, des chefs d'état. La Belgique est représentée par Sophie Wilmes, la première ministre et par le roi Philippe. Charles Michel, nouveau président du conseil européen sera également sur place.

"C'est un lieu de mémoire universel" explique Axel Tixhon, historien." Un lieu international, le lieu d'extermination des populations juives en Europe occidentale. Les nations se sentent touchées par Auschwitz. C'est un lieu qui a pris une dimension mondiale."

Que reste-t-il du camp ?

Les nazis ont tenté de le détruire avant l'arrivée de l'armée rouge le 27 janvier 1945. Mais la porte a été conservée. Cette porte de la mort par où passaient la plupart des prisonniers. Le tri se faisait là.

 

Prise de parole

Le président polonais Andrzej Duda est le premier à prendre la parole. Il s’adresse aux rescapés, aux témoins. : " Parmi nous les derniers survivants, les derniers qui ont vu l’holocauste. Ceux qui ont vu la disparition du peuple juif. Nous sommes ici, 65 délégations, pour commémorer ensemble l’holocauste. Nous sommes dans une usine de la mort. Les chiffres nous montrent le caractère industriel du crime qui a eu lieu ici même. Jamais ailleurs on est allé dans l’extermination des hommes. Nous n'avons pas le droit d'oublier. Chers survivants, ce lieu a été conservé. Nous nous tenons donc ici tous ensemble et nous nous inclinons face à la souffrance des victimes. Et devant les survivants nous prenons un engagement pour l'avenir. Nous continuerons à faire vivre la mémoire de la vérité, la mémoire de ce qui s'est passé ici. J'aimerais inviter tous les hommes de bonne volonté à faire de même. Encore une fois merci à vous survivants pour votre présence."

 

Les autorités polonaises ont réuni 200 survivants. Parmi eux, Batcheva Dagan. Sa famille a été exterminée. Elle s'en est sorti. " Je vous salue tous. Il m’est difficile de cacher mes sentiments. " Lentement, elle se remémore ce jour où les soviétiques sont entrés à Auschwitz. " J’ai reçu l’uniforme d’un soldat russe, sur mon corps nu. Je ne savais plus qui j’étais, je ne me reconnaissais plus. Ce qui m’a le plus bouleversé c’est la perte de mes cheveux. Une main criminelle me les a pris pour faire de moi un être triste, misérable. En touchant mon crane chauve, je ne me reconnaissais pas, j’étais devenue une autre…". La rescapée conclue son émouvant discours avec ses mots : "Pardonnez mon émotion "

Marian Tursky, un autre rescapé prend lui aussi la parole et s’adresse à ses camarades des camps. " Je suis un de ceux qui vivent encore. Nous ne sommes plus très nombreux. Je ne participerai pas au prochain jubilé…Vous me pardonnerez d’être un peu émotif…Je voudrais m’adresser à ma petite-fille à mon petit-fils…Pour les jeunes, je me rends bien compte qu’après 75 ans, çà peut leur sembler lassant. "

Témoignage de Marian Turski, rescapé

Marian Turski expliquant "qu'Auschwitz est arrivé pas à pas"

Autre intervention, celle de Stanislaw Zalewski, 94 ans, arrêté pour avoir peint des symboles de résistance sur les murs de Varsovie. Il sera fait prisonnier politique avant d’être envoyé à Auchwitz. "Les mots me manquent. Seigneur pourquoi as-tu été silencieux ? Ce silence est néanmoins un appel au pardon et à la réunification. Pour que cela ne se reproduise jamais."

Témoignage d'Else Baker, rescapée

Rendez-vous sur la Une

Dans le cadre de cette commémoration de la libération des camps de concentration, La Une vous propose de redécouvrir "La Liste de Schindler" à 20h25. Un film porté par Liam Neeson qui incarne un Juste parmi les Nations. Le film sera suivi d'un documentaire, Baby division - Les adolescents soldats d'Hitler à 23h35. 

 

Sujet JT du 25 janvier 2020 : Henri Kichka, un des derniers survivants d’Auschwitz, témoigne

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