Sept questions sur les voitures électriques et autonomes

Un geste bientôt familier pour la plupart d'entre nous.
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Un geste bientôt familier pour la plupart d'entre nous. - © BMW AG/HO - BELGAIMAGE

La voiture sans carburant fossile et sans conducteur fait rêver. Elle est inscrite dans les astres, mais soulève encore pas mal de questions. Nous en avons retenu sept.

-Quel sera l’impact de la généralisation des voitures électriques sur la consommation d’énergie et sur l’infrastructure électrique?

Pour Damien Ernst, professeur en électro-mécanique à l’ULg, le calcul est simple. Aujourd’hui, la consommation totale de notre pays est de l’ordre de 80 TWh. Une fois la voiture électrique généralisée, il faudra ajouter un quart de consommation électrique supplémentaire, soit 20 TWh. Ce qui constitue un risque si tout le monde recharge sa voiture en même temps. "Les réseaux électriques actuels ne sont pas conçus pour une telle charge. Il faudra donc recharger son véhicule au bon moment, lorsque l’électricité n’est pas chère, la nuit. Ou à midi, lorsque l’abondance du photovoltaïque peut créer des surtensions sur les lignes." La recharge des voitures viendra alors à point nommé. Mais, d’ici là, il faudra adapter la puissance des câbles et des lignes. Il reste moins de dix ans.

Mais là se dressera un autre obstacle: la saturation du réseau de communication à l’horizon 2023. Selon le cabinet Machina Research, la nécessaire interactivités des voitures entre elles va faire exploser ces réseaux. C’est là que la 5G doit résoudre une partie du problème. Elle est attendue pour 2020. Il ne lui restera que 5 années pour se mettre en place.

-Verra-t-on un jour des voitures photovoltaïques créer leur propre énergie, comme le fait l’avion Solar Impulse ?

Malheureusement, la réponse est non. C’est une impossibilité mathématique. Pour parcourir 100 km, un véhicule doit disposer d’une énergie de 20 KWh. Or, avec 4 m2 de panneaux photovoltaïques sur le toit, la voiture ne produira, dans des conditions optimales, que 0,4 KW  par heure. La voiture photovoltaïque ne pourra donc parcourir que 2 km et demi avec un "plein" d’électricité. Et même en tablant sur une amélioration des technologies, les lois de la physique ne permettront pas de faire beaucoup mieux.

-En faisant tourner les centrales à plein régime, la voiture  électrique est-elle plus ou moins polluante que le moteur thermique ?   

Pour Damien Ernst, la pollution sera de toute façon inférieure avec le véhicule électrique. Mais tout dépendra du mix électrique, de la source d’énergie utilisée.  "Si l’on recourt à des centrales au gaz, la diminution de CO2 n’est pas extraordinaire, et si c’est une centrale au charbon, c’est encore pire. Mais si l’on utilise de l’énergie renouvelable ou le nucléaire, le gain en CO2 et en particules fines est significatif."

-Les voitures autonomes, sans conducteur? C’est pour quand?

Les constructeurs évoquent 2025, mais cela pourrait être bien plus rapide. Pour Bruno Godard, journaliste automobile, la technologie est au point et la voiture autonome pourrait se généraliser d’ici 6 ou 7 ans. La voiture qui remplacera celle que certains d’entre nous achèteront au salon de l’auto 2017 pourrait donc être une voiture autonome.

Mais il y a deux obstacles. Le premier est purement juridique : c’est l’octroi par les États d’une autorisation de circuler au véhicule sans chauffeur. Et les lois se déplacent moins vite que la technologie. Il y a aussi un problème pratique. Le risque d’accident est accru par la cohabitation, sur la même route, des voitures autonomes et de celles s conduites par des êtres humains. Dans un monde automobile parfait, sans conducteur, les voitures interconnectés se surveilleront en permanence. Mais dans la phase transitoire, comme le déclare le journaliste Bruno Godard, "on ne pourra jamais empêcher un conducteur de se jeter sur une voiture sans chauffeur".

Les constructeurs assurent pour leur part, que cette période mixte peut être gérée. Des algorithmes pourront toujours détecter des véhicules automatisés ou non, assure Sofie Luyckx, porte-parole de Audi Belgique. "C’est surtout l’infrastructure et la complexité, plus grande en zone urbaine, qu’il faudra maîtriser".

-Quels est le calendrier de commercialisation des voitures autonomes ?

Si la voiture totalement autonome n’est pas attendue avant 2025, le bureau d’études Gartner estime qu’en 2030, plus d'un quart des véhicules seront partiellement ou totalement autonomes.

Tout cela rapportera beaucoup d'argent, 40 milliards de dollars rien que pour les 3 années à venir selon certaines sources.

Mais cela se fera par palier. Les première voitures semi-autonomes, accessible, capables de rouler de manière autonome sur autoroute et affichées à 35 000 euros arrivent sur le marché. Le premier stade de l’autonomie est la sécurité assurée par la connectivité du véhicule. La 2ème étape est celle de la voiture communicante. L’écran de bord du véhicule et le smartphone commencent à converger. La voiture et le smartphone ne font plus qu’un. La conduite assistée "Hand On", avec la présence d’un conducteur qui contrôle ce que fait la voiture débute en 2017 pour se généralise dès 2020. Le niveau "Eyes off" sans supervision du conducteur suivra. Pour se généraliser en 2025.

-La voiture sans chauffeur aura-t-elle un rôle positif dans la réduction des encombrements?

Paradoxalement oui. Tout simplement parce que la voiture sans chauffeur n’a ni état d’âme, ni ego surdimensionné. Elle sera donc sera donc plus disciplinée que la plupart d’entre nous. Le fait de rouler à la même vitesse, et de ne pas changer de file de manière intempestives aura un effet sur la fluidité du trafic. Même si, à long terme, le nombre de voitures sur les routes devrait diminuer.

-Et pour ceux qui n’aiment pas les voitures ?

Il y a le vélo connecté. Le principe est le même que pour les voitures. LeEco est un vélo Android. Vendu aux States. Il est équipé de capteurs et permet  aux cyclistes de communiquer avec d'autres cyclistes. On n’attend plus que les piétons connectés qui seraient capables de se parler et de se comprendre… mais ça c’est sans doute un rêve, une douce utopie.

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