68 médicaments plus dangereux qu'utiles: la liste noire

Des antidépresseurs, des anti-inflammatoires, des médicaments qui empêchent les vomissements, d'autres contre le diabète, les maladies psychiatriques, les maladies cardiaques… la liste mise à jour annuellement par la revue indépendante "Prescrire" est longue et couvre de nombreux champs thérapeutiques. Mais ces produits ont un point commun : ils seraient plus dangereux qu'utiles, c'est à dire que la balance bénéfices/risques est défavorable dans toutes les situations cliniques pour lesquels ils sont autorisés.

Certains médicaments mentionnés présenteraient des risques disproportionnés par rapport aux bénéfices qu'ils apportent, comme par exemple le Protélos, utilisé dans le traitement de l'ostéoporose à risque élevé de fractures mais qui peut entraîner des troubles neurologiques et cardiovasculaires graves pouvant aller jusqu'à la mort. L'agence européenne du médicament vient d'ailleurs de recommander la suspension du marché de ce médicament.

D’autres produits bien connus sont visés, comme le Motilium (contre le reflux gastro-oesophagien et les vomissements) qui "exposent à des troubles du rythme ventriculaire et à des morts subites disproportionnés par rapport aux symptômes traités", ou le Janumet (contre le diabète) qui a "un profil d’effets indésirables chargé, notamment des réactions d’hypersensibilité graves dont des anaphylaxies et des atteintes cutanées graves ; des infections, notamment urinaires et des voies respiratoires hautes ; des pancréatites".

Cette revue, qui se finance exclusivement par ses abonnements, proclame son indépendance par rapport aux firmes pharmaceutiques et travaille elle-même sur les études scientifiques à la base de l'établissement de la liste. Chaque année, "Prescrire" prime aussi un médicament pour le progrès qu’il apporte pour certains patients. Cette année aucun médicament n’a été retenu pour monter sur le podium.

La publication de cette liste n’a pour l’instant pas encore suscité de réactions des services sanitaires et des autorités françaises ni des firmes pharmaceutiques.

Françoise Baré

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