6 jeunes sur 10 souffrent de problèmes physiques liés aux jeux vidéo

6 jeunes sur 10 souffrent de problèmes physiques liés aux jeux vidéos
6 jeunes sur 10 souffrent de problèmes physiques liés aux jeux vidéos - © DAVID MCNEW - AFP

Six jeunes sur dix souffriraient de problèmes physiques résultant du gaming, l’activité liée aux jeux vidéo sur console ou ordinateur. D’après une enquête menée auprès de 976 jeunes entre 12 et 23 ans par les Mutualités Libres, cinq jeunes sur dix se sentiraient également mal dans leur peau.

Au niveau des douleurs physiques, ce sont des troubles ressentis au niveau des yeux (28%), au cou/à la nuque (23%), à la tête (22%), au pouce (16%) ou au bras (12%) dont font état les jeunes interrogés. Plus de la moitié d’entre eux déclarent d’ailleurs avoir ressenti un état émotionnellement négatif lié à la pratique des jeux vidéo avec des sentiments d’épuisement, d’exagération, de culpabilité ou d’isolement.

11 heures par semaine, c’est aussi le temps moyen consacré par les jeunes aux jeux vidéo. Qu’il s’agisse de smartphone, tablette, console ou PC, le gaming est une activité chronophage pour bon nombre de jeunes mais pas pour autant néfaste si les risques encourus sont pris en compte. "S’ils prennent une distance apparente avec la vie sociale ou familiale, ils ne se coupent pas du monde", explique Yves Collard, expert et formateur à l’éducation aux médias."Le jeu vidéo peut les aider à refigurer certaines difficultés rencontrées dans la vie. Il réclame et développe attention et concentration prolongées, il est donc à alterner avec d’autres activités plus physiques".

Motivations variées

Les raisons de cette "addiction" sont variées. Pour la moitié des jeunes questionnés, les jeux vidéo représentent une manière de passer le temps. Pour un tiers d’entre eux, le gaming est un moyen adéquat pour se défouler. Parmi les autres raisons invoquées, 28% des jeunes expliquent leur envie de fuir la réalité, 18% invoquent l’adrénaline et l’excitation du jeu tandis que 14% avancent le sentiment de faire partie d’une communauté de joueurs, chaque jour toujours plus importante en Belgique. “L’accès à des univers de fiction par le jeu est une activité importante pour les jeunes en temps, plaisir et investissement personnel”, rajoute Yves Collard.

Parmi les conclusions issues de cette enquête, il en ressort également que les garçons jouent plus que les filles mais aussi plus longtemps. Seulement 3 filles sur 10 déclarent s’adonner au gaming contre 6 garçons sur 10. Selon les Mutualités Libres, les filles seraient plus actives sur les réseaux sociaux qu’avec les jeux vidéo. Si cette activité prend de la place dans l’emploi du temps des jeunes, ceux-ci ne sont pour autant pas étrangers aux risques encourus. Ils classent d’ailleurs le risque de dépendance en première position (43%) des inconvénients du gaming, suivi du fait d’aller se coucher tard et d’avoir du mal à se lever (26%) et de ne plus avoir de temps pour d’autres activités (21%).

L’important est donc de sensibiliser les jeunes aux risques liées au gaming sans en diaboliser sa pratique, inhérente à notre société. Celle-ci peut d’ailleurs se révéler positive en favorisant par exemple la coordination entre les yeux et les mains, la résolution de problèmes ou l’apprentissage de défis. "Avec les jeux vidéo, ils mettent en œuvre une série d’expérimentations positives et exercent plusieurs compétences, pas seulement techniques. Par exemple, sur leurs écrans, ils modélisent des univers en lien avec leurs transformations psychiques et ses enjeux", conclut Yves Collard.

L’année passée, l’Organisation Mondiale de la Santé a classifié le trouble du jeu vidéo comme une maladie. L’OMS décrit ce trouble comme "un comportement lié à la pratique des jeux vidéo ou des jeux numériques, qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité accrue accordée au jeu, au point que celui-ci prenne le pas sur d’autres centres d’intérêt et activités quotidiennes, et par la poursuite ou la pratique croissante du jeu en dépit de répercussions dommageables".

 

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