57% des réfugiés en Belgique et aux Pays-Bas ont été en contact avec des violences sexuelles

Si les violences sexuelles et basées sur le genre suscitent souvent l'émoi collectif, de nombreuses victimes ayant un passé de réfugié ou de migrant semblent oubliées dans ce débat.
Si les violences sexuelles et basées sur le genre suscitent souvent l'émoi collectif, de nombreuses victimes ayant un passé de réfugié ou de migrant semblent oubliées dans ce débat. - © JONAS ROOSENS - BELGA

Pas moins de 57% des personnes réfugiées et migrantes en Belgique et aux Pays-Bas ont été en contact direct ou indirect avec des violences sexuelles, y compris le viol et l’exploitation sexuelle. C’est ce qui ressort ce jeudi d’un rapport de la Plateforme Mineurs en exil et du centre d’expertise de l’Institut Supérieur des Sciences de la Famille de la Haute école Odisee. La moitié des personnes réfugiées dans le monde sont des enfants.

La Plateforme Mineurs en exil et le centre d’expertise de la Haute école Odisee ont publié, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, un rapport destiné à répondre aux besoins des professionnels travaillant avec des mineurs en exil. Si les violences sexuelles et basées sur le genre suscitent souvent l’émoi collectif, de nombreuses victimes ayant un passé de réfugié ou de migrant semblent oubliées dans ce débat, estime la Plateforme Mineurs en exil, qui parle d'"indignation sélective".

Les enfants et les jeunes particulièrement exposés

Les deux acteurs estiment qu’il est "primordial d’investir dans la reconnaissance des violences sexuelles et basées sur le genre, de soutenir les victimes dans leur résilience et de sensibiliser les jeunes personnes exilées aux risques et aux aspects positifs de la sexualité". En effet, les enfants et les jeunes sont particulièrement exposés au risque de devenir victimes de ces violences, non seulement pendant la fuite, mais aussi dans les pays d’accueil.


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Les deux organisations demandent aux responsables politiques d'"assigner un tuteur ou une tutrice provisoire aux mineurs non accompagnés dès la signalisation auprès du Service des Tutelles, même en cas de doute sur la minorité". Afin de repérer au mieux les signes éventuels de violence, les professionnels et les bénévoles qui accompagnent les mineurs réfugiés doivent également être formés à la protection des enfants contre les violences sexuelles et basées sur le genre.

Adopter des mesures appropriées dans les centres

Les organisations encouragent par ailleurs les centres d’accueil à établir des procédures formelles pour détecter, signaler et suivre les cas de violence contre les enfants. "Tous les dispositifs qui accueillent des mineurs doivent être dotés d’infrastructures appropriées, avec des toilettes et des douches séparées et des zones réservées aux garçons et aux filles, ainsi qu’une séparation entre les enfants et les adultes qui ne sont pas de la même famille."

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