50% de lits Covid en soins intensifs : le CHU Saint-Pierre de Bruxelles déplore "le manque de coordination de la solidarité"

Cette hausse de la capacité d'accueil en soins intensifs a un "impact très important, très fort".
Cette hausse de la capacité d'accueil en soins intensifs a un "impact très important, très fort". - © PAUL-HENRI VERLOOY - BELGA

Le directeur du CHU Saint-Pierre de Bruxelles, Philippe Leroy, ne mâche pas ses mots. Ce mercredi soir, dans Soir Première (La Première), le patron de l’établissement hospitalier sis dans le cœur de la capitale a dit regretter "l’absence de solidarité et de coordination effective au niveau national" de cette solidarité dans la gestion de lits Covid en soins intensifs.

Un coup de gueule qui tombe au moment où les hôpitaux bruxellois passent en phase 1B. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Que ceux-ci doivent (dans un délai de 48 heures) réserver 50% de leurs lits en soins intensifs à des patients atteints de coronavirus (la phase 1A fixe le seuil à 25%).

Cette hausse de la capacité d’accueil en soins intensifs a un "impact très important, très fort", souligne Philippe Leroy qui annonce que Saint-Pierre va devoir "stopper les soins pour d’autres patients", comme par exemple annuler des interventions chirurgicales. "Chaque chirurgien va devoir évaluer avec sa conscience professionnelle le degré de priorité" des autres malades et réaliser "un tri pour ne garder que les opérations les plus essentielles".

On avait l’espoir de rester dans une gestion normale

"On avait l’espoir de rester dans une gestion normale", ajoute Philippe Leroy. Sauf que désormais, son hôpital est passé dans une "gestion d’urgence comme en mars-avril. Nous aurions pu l’éviter."

Comment ? Selon les données du SPF Santé publique, on compte 280 lits en soins intensifs occupés sur l’ensemble du territoire, sur un total de 2000 lits. Soit, un peu moins de 15%. Mais certains hôpitaux sont "proches de 25%, d’autres de 10%". Selon le patron de l’établissement hospitalier public bruxellois, si une "coordination" avait été mise en place "pour mieux répartir la charge de travail, nous aurions pu dans les hôpitaux plus touchés maintenir l’offre de soins", autre que celle destinée aux patients Covid.

Il y a, toujours selon Philippe Leroy, "un manque d’organisation de cette solidarité. C’est regrettable." Il rappelle les égoïsmes nationaux entre états européens, au début de la crise, quant à la répartition des masques de protections. "Ici, sur le territoire belge, entre nous, on pourrait organiser la solidarité, la coordonner, malgré des demandes depuis plusieurs semaines. C’est trop tard !"

Rappelons par ailleurs que le bourgmestre d'Alost avait suscité une polémique la semaine dernière en annonçant son refus d'accueillir des patients bruxellois dans les hôpitaux de la ville. 

Ce mardi, ce sont les responsables du Grand Hôpital de Charleroi qui ont annoncé qu'ils n'avaient plus la capacité de soigner des malades Covid venus de la capitale.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK