50 ans d'immigration par-delà les clichés: relisez le chat avec F. Gemenne

Après les Italiens, ce sont les Marocains et les Turcs qui ont été accusés de "prendre" le travail des Belges.
Après les Italiens, ce sont les Marocains et les Turcs qui ont été accusés de "prendre" le travail des Belges. - © Fl'r/Photocapy

Ce 17 février, c'est le 50e anniversaire des accords qui ont permis l'immigration marocaine dans une Belgique alors en manque de main-d'oeuvre. Intégration et communautarisme, problèmes et succès, métissage et exclusion, découverte et rejet: tout a été dit sur le sujet, souvent avec forces clichés et préjugés. Pour les dépasser, parler des faits et non de perceptions, François Gemenne, chercheur à l'ULg et au CERI - Sciences Po, à répondu aux questions des internautes.

Alors que les migrants de la première génération disparaissent peu à peu, parfois en ne laissant à leurs enfants que très peu de traces de leur histoire personnelle et des conditions de leur venue en Belgique, notre commémore les accords qui ont permis leur venue.

Depuis toujours terre de passage et de migration, la Belgique, polyglotte, multiculturelle, pluraliste et tolérante, a vu son visage encore évoluer avec ce flux de population. La résistance au changement, phénomène universel, a pourtant joué et joue encore. Les clichés et les préjugés sont lents à céder devant la raison et les faits. "On n'aime que ce qu'on connaît" et la méconnaissance de l'autre continue d'alimenter la défiance mutuelle.

Ces 50 ans de l'immigration marocaine sont l'occasion d'un rendez-vous pour la citoyenneté, "d'un moment de réflexion sur la cohésion sociale et les enjeux du 'vivre ensemble'", ajoute Najib Ghallale directeur de l'espace Magh, un organisme culturel qui commémore cet anniversaire du mois de janvier au mois de juin 2014.

Un bon point de départ pour une réflexion citoyenne serait de déterminer quels arbres cachent la forêt, quelles réalités sont masquées par des idées toutes faites que l'on reporte d'un vague d'immigration à la suivante, par exemple la question du "vol" du travail. Après les Italiens, ce sont les Marocains et les Turcs qui ont été accusés de "prendre" le travail des Belges. Or cette croyance ne résiste pas à la première analyse. Avec le brio et précision, dans une démonstration implacable, François Gemenne, enseignant-chercheur à l'ULg et au CERI - Sciences Po (Paris), l'a démontré récemment chez Ardisson, dans une vidéo qui a fait le buzz.

Relisez ci-dessous le chat avec François Gemenne.

Patrick Bartholomé

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