4000 cancers n’ont pas été diagnostiqués en 2020 à cause de la pandémie

A cause du Covid-19, on est passés à côté de 4000 diagnostics de cancer. Voilà ce que révèlent les chiffres rendus publics par la Fondation contre le Cancer et la Fondation Registre du cancer.

Autrement dit, on a enregistré une baisse de 6% des nouveaux diagnostics cancer en 2020 par rapport à 2019. La baisse la plus significative a été enregistrée lors de la première vague, au mois d’avril 2020 : le nombre de diagnostics a alors chuté de 44%.

Le retard se résorbe peu à peu (en novembre on parlait de 5000 cas passés sous les radars), mais on enregistre encore une baisse de 4% en 2021 (jusqu’en avril).

La tranche d’âge pour laquelle le nombre de diagnostics a le plus baissé, détaille Véronique Le Ray, directrice médicale et porte-parole de la Fondation contre le Cancer, ce sont les 80 ans et plus. Cela nous préoccupe beaucoup parce que beaucoup d’entre eux ont peur de se déplacer depuis la pandémie. On a peur que ça ne se rattrape pas.

Les cancers de la tête et du cou : des symptômes similaires au COVID-19

Comment expliquer cette baisse des diagnostics ? On peut supposer que les gens ont fui les hôpitaux par peur du coronavirus et que, par ailleurs, le fait que les patients étaient invités à ne consulter qu’en cas d’urgence a aussi joué. Par ailleurs, les examens considérés comme non urgents ont été reportés.

Si l’on prend le cas des cancers de la tête et du cou (14% de diagnostics en moins en 2020, et un rattrapage qui tarde), plusieurs éléments entrent en jeu. D’abord les symptômes de ce cancer se rapprochent fort de ceux du Covid-19 : mal de gorge, toux, voix rauque, nez bouché. “Or, lors de la première vague, explique le Professeur Vincent Vander Poorten, spécialiste Nez-Gorge-Oreille et chirurgien de la tête et du cou à l’UZ Leuven, on disait aux gens que s’ils avaient l’un de ces symptômes, ils devaient surtout rester chez eux, ne pas consulter tout de suite.

Autre facteur, continue le professeur, les dentistes ont considérablement limité leurs consultations. Or, en temps normal, ils détectent souvent des cancers de la bouche à un stade précoce, avant même que le patient ne sente quoique ce soit.” Les spécialistes ont aussi pratiqué moins de laryngoscopies, puisqu’il s’agissait d’un acte particulièrement propice à la transmission du virus.

Le chirurgien précise encore que ce type de cancer touche surtout des personnes âgées. Beaucoup de personnes âgées étant décédées à cause du Covid, il y avait peut-être parmi elles certaines personnes qui auraient été diagnostiquées, en temps normal.

Suspension du screening

La pandémie a aussi entraîné la suspension des dépistages systématiques des cancers du sein, du col de l’utérus, et du côlon (de la mi-mars 2020 à la mi-mai). A la fin du mois d’avril 2021, il manquait encore 4% de diagnostics dans la population cible du dépistage du cancer du sein et 11% pour celle du cancer du côlon. “On voit que la baisse de diagnostics des cancers du côlon persiste plus chez les hommes que chez les femmes", détaille Véronique Le Ray.

"Consultez !"

Plus un cancer est détecté tôt, mieux on peut le traiter. Un diagnostic précoce peut aussi permettre d’alléger les traitements : éviter la chimiothérapie, se “contenter” d’une intervention chirurgicale et/ou de radiothérapie.

La Fondation encourage dès lors tous les patients à ne pas hésiter à consulter en cas de symptômes : “S’il vous plaît, martèle sa porte-parole, consultez votre généraliste si vous sentez quelque chose de suspect ou d’anormal, pour qu’on puisse prendre le cancer à temps, et le traiter le plus efficacement possible”.

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Archive : JT du 13/04/2020

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