"40 ans, trop jeune pour mourir" de Marie-Paule Eskénazi: la mort tenue à distance par la fiction

Marie-Paule Eskénazi, ancienne journaliste à la Rtbf, directrice des éditions Labor, puis fondatrice de l’Asbl "Tourisme autrement" a connu trois cancers. Des expériences pénibles, mais qui n’ont pas entamé son énergie et son envie de vivre, malgré les traitements épuisants. Aujourd’hui, elle publie son troisième roman, "40 ans, trop jeune pour mourir" aux éditions Académia. Un livre dans lequel elle mêle fiction et souvenirs personnels.  

Comment tenir le coup, lorsqu'à 40 ans, atteinte d’un cancer du sein devenu problématique, les seules perspectives offertes consistent à recommencer des traitements douloureux, inefficaces jusqu'à ce jour ? Comment tenir le coup lorsque votre mari choisit cette période difficile pour quitter le foyer définitivement, vous laissant seule avec trois enfants ? Marie.P décide de s’extraire du monde des vivants, de se mettre entre parenthèses, le temps que la médecine mette au point un remède efficace.

Parallèlement à cette histoire, nous suivons Andrée, une jeune policière fraîchement diplômée. Dans un commissariat, elle est affectée à une tâche ingrate : le dépouillement du courrier anonyme. Chaque matin le facteur apporte une pile de lettres de dénonciation… des règlements de comptes.  Une lettre retient son attention : le signalement d’une disparition inquiétante d’une voisine. On ne l’a plus vue depuis quelques jours promener son chien dans le quartier. Andrée va mener son enquête, et dénouer l’intrigue.

Le cancer, la fatigue, les traitements à répétition, le départ du mari et la charge de trois jeunes enfants, Marie-Paule Eskénazi a connu tout ça à l’âge de quarante ans.

"J’étais journaliste à la Rtbf. Tous les matins, je suivais mon traitement à Bordet, puis je filais présenter le journal. J’étais épuisée, mais personne n’a rien vu. Je ne voulais pas montrer ma fatigue. Question d’orgueil…"

De l’orgueil, mais aussi une intuition visionnaire : fin des années 70, Marie-Paule Eskénazi lance "Zone verte" la première émission qui aborde la protection et la défense de la nature. On ne parlait pas encore beaucoup d’écologie. La même année, c’est "Cadence" qui fait son entrée dans la grille des programmes : la musique afro-cubaine bien avant le succès de la World.

"C’est vrai que j’ai eu la chance d’exercer plusieurs métiers : après la Rtbf, j’ai dirigé tout un temps les éditions Labor, j’ai aussi créé "Tourisme autrement". J’avais beaucoup voyagé dans des pays lointains, et j’avais constaté le manque de curiosité et de respect pour la culture de l’autre."

L’énergie de Marie-Paule Eskénazi est assez impressionnante: "Oui, je crois que j’ai beaucoup de caractère…(rires) mais vous savez, je crois que face à la maladie on a tous des réactions différentes, et qui sont dues au caractère. Moi je ne me laisse pas abattre. Je suis debout, je mourrai debout."

 "40 ans, trop jeune pour mourir" de Marie-Paule Eskénazi est paru aux éditions Académia. 

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