4 janvier: "Les plus riches du pays ont fini de payer leurs impôts"

Ce matin, ils sont une cinquantaine à réclamer plus de justice fiscale et moins d'inégalités économiques. Ils sont membres du Réseau pour la Justice fiscale (RJF), du Financieel Actie Netwerk (FAN), de la Campagne TAM-TAM et de Hart Boven Hard. Ce rassemblement a lieu au square du bois à Bruxelles, on appelle aussi cet endroit le square des milliardaires.

Cette journée n'a pas été choisie au hasard par ces manifestants. Selon Daniel Puissant, porte-parole du Réseau pour la Justice Fiscale, le 4 janvier est le jour de l'année où les plus riches du pays ont terminé de payer leurs impôts. "Les plus riches disposent de toute une série de possibilités d'évasion et de fraude fiscale puisque la plus grande partie de leurs revenus est placée à l'étranger", ajoute-t-il. Toujours selon le Réseau pour la Justice Fiscale, un citoyen lambda mettrait, lui, en moyenne, six mois pour s'acquitter de ses impôts.

"C'est une manifestation contre les enrichis"

Ce rassemblement se veut aussi sonnette d'alarme pour les plus riches du pays. "Les gens très pauvres doivent aujourd’hui aller quémander des colis alimentaires, passer aux restos du cœur, ils ne trouvent plus de logement social ou de boulot avec un salaire décent. Les enrichis doivent savoir ça !", s'indigne Christine Mahy du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté.

Et d'ajouter : "Ce n’est pas une manifestation anti-riches, c’est une manifestation contre les enrichis qui ont utilisé l’injustice fiscale. Qu’elle soit légale ou illégale, elle est inadmissible" complète Christine Mahy.

En effet, selon une étude de l'Université d'Anvers, 1% des ménages les plus riches pourrait détenir de 18 à 20 % des patrimoines. 80 % de la valeur des actions cotées en Bourse sont dans les mains des 10% les plus fortunés.

Que réclament les associations ?

Le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté demande que tout citoyen puisse accéder à un salaire décent. "Aujourd’hui, les gens sont réduits à consacrer l’entièreté de leur salaire aux nécessités absolues du quotidien, ce n'est pas normal", déplore Christine Mahy.

Une autre mesure concrète exigée est la globalisation des revenus. "Actuellement, ne sont globalisés que les revenus professionnels et les revenus immobiliers. Les revenus des capitaux et les revenus mobiliers échappent totalement à l’impôt des personnes physiques", rappelle Daniel Puissant du Réseau pour la Justice Fiscale.

Le Réseau souhaite également qu'un impôt sur la fortune soit rétabli sur les fortunes supérieures à 1 millions d’euros. "Selon nos calculs, cet impôt pourrait rapporter plus ou moins 7 milliards d’euros dans les caisses de l'État", estime Daniel Puissant.

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