37 lauréats inspecteurs de l'enseignement vont porter plainte

L'examen des inspecteursn un fameux casse-tête
L'examen des inspecteursn un fameux casse-tête - © RTBF

Des lauréats du dernier examen d'inspection scolaire vont porter plainte, au civil, contre la Fédération Wallonie Bruxelles qui a organisé l'épreuve. Il faut dire que les choses ne sont pas claires et que certains éléments posent question : certains lauréats n'ont pas eu de poste d'inspecteurs alors que d'autres qui ont raté l’épreuve ont conservé leur fonction.

C'est un vrai jeu de chaise musicale qui s'est joué au moment de la rentrée scolaire dans certaines écoles. A l'image de Nathalie, directrice durant 4 ans, qui avait décidé de passer l'examen pour devenir inspectrice en mai dernier.

Une fois l’examen réussi, elle avait laissé son poste de directrice à un autre en attendant de connaitre sa nouvelle affectation. Quelques semaines plus tard, elle recevait une lettre.

Nathalie Lecomte nous détaillait, à l’époque, le contenu de ce courrier : "Nous avons reçu un courrier qui annulait notre désignation et comme, en tant que directrice, je n’étais pas dans un emploi vacant, j’ai dû redevenir institutrice", explique la lauréate de l’examen, à présent enseignante.

Et l'effet de domino ne s'arrête pas là, puisque Nathalie a pris à son tour la place d'un instituteur qui perd son travail.

Comment en est-on arrivé là ?

En mai dernier, la Fédération Wallonie-Bruxelles organise un examen pour devenir inspecteur scolaire: 650 candidats se présentent, le problème c'est que 100 d'entre eux ont raté l'épreuve.

Nicole Wauters fait partie des recalés, elle était pourtant inspectrice faisant fonction depuis des années. Elle estime que l'examen n'était pas adapté : "Cet examen a porté sur des connaissances et des aptitudes qui ne sont jamais requises dans l’exercice de notre métier sur le terrain".

Résultat: Ceux qui ont raté l'épreuve ont multipliés les recours et le Conseil d'Etat a fini par prononcer un arrêt qui suspend l'examen du mois de mai.

De nombreux lauréats ne deviendront donc pas inspecteurs et plusieurs recalés le resteront, sans compter les places vacantes. C’est certain, la situation est loin d'être réglée.

"J’ai été inspecteur stagiaire trois semaines"

Simon Dessomme est l’un de ces lauréats finalement recalés, qui se sont portés partie civile contre la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il était l’invité sur le plateau du journal télévisé de 13 heures et est revenu sur ce carrousel des nominations qui ne fait pas que des heureux.

A la question de savoir pourquoi il n’était pas inspecteur à l’heure actuelle, l’intéressé a répondu : "Pour faire simple, c’est un grand mystère".

Le lauréat de l’épreuve a expliqué avoir été introduit par deux fois, dans sa nouvelle fonction avant que le conseil d’Etat ne le convoque en qualité de "tiers intéressé". Plus tard, ce même conseil d’Etat a décidé de donner raisons à certains recours de candidats qui ont échoués à l’épreuve, conséquence les nouveaux lauréats ont été évincés. "J’ai été inspecteur stagiaire trois semaines", explique le membre du collectif des inspecteurs lauréats.

Le contenu de l'épreuve au centre de la polémique

Mais la question déterminante dans cet épineux dossier est celle de la pertinence de l’examen, remise en cause par les inspecteurs qui n’ont pas réussi l’épreuve. Selon eux, le test n’était pas pertinent et portait sur des connaissances et aptitudes ne correspondant pas à la fonction. Le lauréat précise : "Ce n’était pas un examen mais une épreuve de sélection (…) On ne peut pas demander à quelqu’un qui n’a jamais exercé la fonction d’être un bon inspecteur". "Pour moi les questions étaient adéquates " a-t-il encore déclaré.

"Nous sommes donc 37 à avoir décidé de mener une action au civil pour faire reconnaitre le préjudice que nous avons subi et que nous subissons encore aujourd’hui". Plus qu’une question d’argent, Simon Dossomme avance une question "de logique, d’honneur et de validité des épreuves quelles qu’elles soient".

Le dossier est donc loin d’être bouclé et cette affaire pourrait encore connaitre de nombreux rebondissements.

Delphine Simon et Nathalie Maleux avec Grégoire Ryckmans

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