31 places de stage pour la magistrature, une "bouffée d'oxygène" côté francophone

Dans le palais de Justice
Dans le palais de Justice - © YORICK JANSENS - BELGA

Le Conseil Supérieur de la Justice, qui organise annuellement l'examen permettant d'être nommé magistrat, s'est réjoui mercredi de la récente annonce du nombre de places de stagiaires judiciaires pour 2018-2019: cette année, une part bien plus importante de ces places a été réservée aux francophones, une nouvelle positive alors que la magistrature francophone est tout particulièrement touchée par un manque de candidats.

Le chiffre est passé le 30 avril au Moniteur belge: le nombre de places vacantes de stagiaires judiciaires pour l'année 2018-2019 sera de 15 néerlandophones et 31 francophones. Le stage est l'une des trois voies d'accès à la magistrature. Ce sont les plus "jeunes" candidats, majoritairement des avocats avec quelques années d'expérience, qui passent par là. Ouvrir 31 places de stage pour les francophones, c'est s'assurer d'un "pool" un peu plus élargi de candidats potentiels aux postes vacants de la magistrature wallonne et bruxelloise, dans deux ans (durée du stage). "Une bouffée d'oxygène appréciable pour la magistrature francophone qui peine à recruter depuis plusieurs années, phénomène auquel la Flandre n'est pas confrontée", souligne le CSJ mercredi.

Côté francophone, 175 places de magistrats étaient déclarées vacantes en 2017. Parmi celles-ci, "seules 89 ont pu être pourvues, aucune personne ne s'étant portée candidat pour 86 places", rappelle le CSJ. Le Conseil constate notamment que la fonction de substitut du procureur du Roi semble particulièrement manquer d'attrait.

Les raisons du manque de candidats aux postes vacants de magistrat ne sont pas faciles à pointer, note la présidente et porte-parole du CSJ, Magali Clavie. L'une d'entre elles pourrait être les distances à parcourir, plus importantes dans les juridictions francophones les plus larges. "On constate que c'est dans les juridictions les plus étendues que l'on a davantage de difficulté à pourvoir les postes, là où les distances sont plus grandes. Aujourd'hui, on attend en effet une certaine mobilité des magistrats", développe-t-elle. Une autre raison, plus floue, pourrait être liée à une question d'image, estime-t-elle. Via les critiques exprimées par la magistrature elle-même, ce sont souvent uniquement les aspects négatifs du métier qui sont mis en avant dans les médias, déplore Magali Clavie.

Par ailleurs, dans un même effort de "susciter de nouvelles vocations" au bénéfice de la magistrature, le Conseil supérieur de la Justice a décidé d'organiser, "pour les juristes plus expérimentés, un second examen d'accès à la magistrature à l'automne 2018", avec également la tenue de différentes conférences d'information.

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