30e anniversaire de la disparition du docteur Peers, pionnier de la dépénalisation de l'avortement

Le 6 janvier 1973, celui qui était directeur du service gynécologie de la Maternité provinciale de Namur est arrêté sur dénonciation anonyme pour avoir procédé à un avortement, acte interdit par une loi de 1867. Cette arrestation se solde par 34 jours de détention préventive et une détermination réfléchie à la sortie de prison : "Je sais ce que j’ai fait, déclarait-il alors, et je sais pourquoi je l’ai fait. Je suis médecin et je l’ai fait dans un but de santé publique."

Yvon Englert, le doyen de la faculté de médecine de l'ULB, a été un de ses élèves. Il se souvient de l’homme : "Il a une vision de la médecine sociale, il a aussi une vision très moderne du droit des patients, qui laisse beaucoup plus de place au patient dans la décision."

La figure de Willy Peers, c’est évidemment un moment historique fort dans un combat plus large, celui en faveur de l'accouchement sans douleur, de la contraception et de l'IVG.

"Après l’affaire Peers, poursuit Yvon Englert, l’instauration de manière ouverte de centres pratiquant à des tarifs défiant toute concurrence l’interruption de grossesse, a fait disparaître les morts maternelles. Willy Peers était un communiste convaincu, il était un grand partisan de la médecine gratuite, de l’absence de relation mercantile entre le médecin et son patient."

La dépénalisation partielle de l'avortement sera adoptée par la Chambre en 1990.

Un colloque sur l'avenir du droit à l'avortement est organisé samedi à l'Université Libre de Bruxelles. Un moment de réflexion important alors qu'au sein de l'Europe ce droit acquis pour les femmes est remis en cause dans plusieurs législations.

Un auditoire dédié à la mémoire de Willy Peers (1924-1984) sera inauguré samedi à la faculté de médecine de l'ULB.

Françoise Baré

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