300 camions dans une prairie du Limbourg: "C'est du dumping social pur et simple"

Depuis lundi, près de 300 semi-remorques bleus et jaunes attendent dans une prairie de la commune limbourgeoise d'Opglabbeek.
Depuis lundi, près de 300 semi-remorques bleus et jaunes attendent dans une prairie de la commune limbourgeoise d'Opglabbeek. - © VRT

Depuis lundi, près de 300 semi-remorques bleus et jaunes attendent dans une prairie de la commune limbourgeoise d'Opglabbeek. Ces camions appartiennent au transporteur hongrois Waberer, installé aux Pays-Bas et actif dans le Benelux. 

Les chauffeurs, pour la plupart roumains et hongrois, sont rentrés en bus pour les fêtes dans leur pays et reviendront ensuite reprendre leur travail. Pour les syndicats, la scène illustre le dumping social que subit le secteur du transport routier international.

"6000 chauffeurs belges ont été remplacés par des travailleurs de l'Est"

Un agriculteur local a loué à Waberer une partie de prairie comme parking provisoire. Mais rien n'oblige une société de transport à rapatrier ses véhicules en même temps que ses chauffeurs.

Le problème est ailleurs: il existe des soupçons de dumping social, c'est à dire d'emploi à bas coût de chauffeurs étrangers détachés temporairement chez nous. Une concurrence déloyale, selon les syndicats. 

"Ces cinq dernières années, nous avons perdu plus de 6000 emplois" explique Paolo Diberardino de la FGTB: "Ce sont 6000 chauffeurs belges qui ont été remplacés par des travailleurs de l'Est". "Ce sont des camions qui sont immatriculés là-bas" ajoute-t-il, précisant que ce type de société de transport ne paie ni cotisations sociales, ni taxes de circulation en Belgique. Les salaires non plus ne suivent pas: "Il faut savoir que ça gagne plus ou moins 500 à 600 euros par mois. C’est du dumping social pur et simple".

Des scènes identiques de camions abandonnés à l'approche des fêtes se produisent d'ailleurs dans d'autres coins de Flandre, près du port d'Anvers, de Zeebrugge, en France, en Italie, aux Pays-Bas.

Bart Tommelein, secrétaire d’État à la Lutte contre la fraude, a demandé à l’inspection sociale d’aller jeter un œil à Opglabbeek et d'ouvrir une enquête.

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