30% en français, 37% en math : "Comment l'école peut-elle laisser passer ma fille sans restriction avec 6 échecs?"

Nombreux sont ceux qui s'insurgent car leur enfant redouble. Plus rares sont ceux qui s'indignent quand il réussit ! C'est pourtant le cas d'une maman d'élève de 4ème secondaire. On le sait, avec le covid-19, l'année scolaire a été chamboulée. Les écoles sont-elles, du coup, trop laxistes? C'est ce que dénonce cette maman.

Avec six échecs sur un total de douze matières, sa fille passe bel et bien en 5ème secondaire sans aucune restriction et sans travail de vacances. 

"Quand j'ai reçu le bulletin, je suis tombée de ma chaise" explique la maman. "Elle a 30% en français, 37% en math, 31% en physique, 45% en chimie, 43% en biologie et 40% en anglais. En gros, si elle passe, c'est grâce à la gym, la religion ou la géo! Je ne comprends pas comment c'est possible". 

Sa fille est scolarisée à l'Athénée Royal Robert Campin, à Tournai. La direction de l'école concède qu'en temps normal, certains élèves ne seraient pas passés : "Cette année scolaire étant particulière et perturbée, les décisions de fin d'année ont été adaptées. Aucun étudiant n'est soumis à une épreuve ou évaluation sommative en juin ou septembre (...) Vu cette période exceptionnelle et inédite, il a été décidé que le redoublement doit être exceptionnel". 

C'est en effet ce que demande la Fédération Wallonie-Bruxelles : "Le jury ou conseil de classe décide de la réussite ou de l’échec de l’élève ainsi que de l’octroi ou non du certificat (CEB, CE1D, CESS). Le redoublement doit être exceptionnel. La décision doit être prise en dialogue avec les parents et les élèves" énonce la circulaire. 

Dans ce cas précis, la maman regrette cependant de ne pas avoir été concertée. "Je suis clairement frustrée. Ma fille n'a pas les bases. Quelles chances lui donne-t-on pour son avenir? L'année prochaine, elle va couler..." 

L'école respecte pourtant à la lettre les règles "spéciales covid-19" édictées par le réseau, à savoir Wallonie-Bruxelles Enseignement. Elles impliquent qu'un élève ne peut doubler ou avoir des restrictions que s'il est en échec dans plus de 70% de la grille horaire OU qu'il a une moyenne générale de moins de 50%. 

Ici, l'élève en question a 50,6 de moyenne et est en échec dans 60% de ses heures de cours. L'école n'a donc fait que respecter les directives.

Nous avons présenté ce bulletin à Sabine Haot, du réseau Wallonie-Bruxelles-Enseignement. "Cela ne me choque pas. C'est rattrapable". Pour elle, il faut prendre en compte le caractère inédit de cette situation. "Peu d'évaluations, pas d'occasion pour les élèves de se rattraper. Je pense qu'un redoublement aurait été plus inquiétant ! Car cette situation est difficile pour les élèves, notamment sur le plan affectif. Parfois, un redoublement casse plus les élèves qu'autre chose". 

Le réseau mise sur la remédiation et le soutien scolaire dès la rentrée.

La maman, quant à elle, reste convaincue que sa fille a accumulé trop de lacunes pour passer en 5ème générale. Elle a d'ores et déjà changé sa fille d'école et opté pour l'enseignement technique. 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK