30.000 tests salivaires à l'Université de Liège : "La méthode permettant de détecter un maximum" de cas positifs

Des tests salivaires gratuits et anonymes seront proposés à partir de ce lundi, chaque semaine, aux 30.000 étudiants et professeurs du campus de l'Université de Liège. Certainement une première à cette échelle en Europe.

Fabrice Bureau, vice-recteur à la recherche, reconnaît que cette campagne de dépistage du coronavirus demande "une logistique difficile" mise en œuvre pendant deux mois. "Il faut en effet pouvoir toucher les 30 000 personnes de l’Université de Liège. Ça se fait grâce à des stands de distribution de kits de prélèvements salivaires qui sont répartis dans 35 endroits dans l’université", explique ce dernier dans Matin Première.

Les tests salivaires sont moins fiables que les tests nasopharyngés (avec introduction d’un écouvillon dans le nez). Mais l’ULiège assume son choix. Grâce aux tests salivaires, l’université annonce pouvoir déceler beaucoup plus de cas.

Il vaut mieux une méthode moins sensible pour du testing de masse

"C’est moins sensible effectivement", reconnaît Fabrice Bureau. "On ne nie pas le fait que ce soit moins sensible. Mais paradoxalement, il vaut mieux une méthode moins sensible pour faire du testing de masse puisque la méthode moins sensible est applicable à plus de gens."

L'ULiège a donc réalisé un petit calcul. "Si on a 30 000 personnes, admettons que l’incidence soit de 1%, il y a 300 porteurs du virus dans l’université. Si on ne teste pas, on en découvre 0. Si on teste par des écouvillons qui sont très efficaces – on avait fait le calcul qu’on pouvait tester au maximum par semaine 10 000 personnes, c’est-à-dire un tiers de la population de l’université."

En d’autres termes, l’université "pouvait en une semaine au maximum déceler 100 personnes. La sensibilité des écouvillons nasopharyngés, c’est 80%. Donc parmi les 100 personnes, on en aurait découvert 80. Avec les tests salivaires, on peut tester les 30 000 personnes et la sensibilité de 60% donc on peut trouver 60% de 300 positifs en une semaine c’est-à-dire 180 personnes. C’est la méthode salivaire qui permet, parce qu’elle est plus facile à mettre en œuvre, de détecter un maximum de personnes."

Concrètement, l’étudiant ou l’enseignant s’autoprélèvera. "Ce qui est le gros avantage de la salive par rapport à l’écouvillon nasopharyngé qui requiert l’intervention de personnel médical", précise le vice-recteur. "Mais en plus de ça, il va quand même réaliser la première des trois étapes du test. Donc, (la personne) va non seulement s’autoprélever par la salive, mais aussi faire ce que l’on appelle l’inactivation du virus, c’est-à-dire qu’elle va elle-même tuer le virus qui se trouverait éventuellement dans sa salive. Elle ne fait pas le test complètement, la personne fait un tiers de test après s’être auto-prélevée. Le reste se fait en laboratoire."

Des évaluations hebdomadaires

Ce que propose l’Université de Liège est une première à une grande échelle qui durera jusqu’aux vacances de Noël. "Je pense que c’est une des plus grosses européennes en termes de santé publique concernant le coronavirus. Ce qui va nous permettre d’enfin savoir par exemple quelle est l’incidence du virus dans une population normale ce que l’on ne connaît pas encore malgré le fait que l’épidémie ait commencé au mois de mars."

Chaque semaine, un groupe de travail composé de scientifiques, d’épidémiologistes, de statisticiens, de médecins urgentistes vont analyser les résultats et tireront des conclusions au fur et à mesure.

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