3 éléments à connaitre dans le dossier de la gestion des déchets nucléaires selon une experte

Comment gérer les déchets nucléaires ? La question se pose. Ecolo remet d’ailleurs la pression sur le gouvernement dans cet épineux dossier. Céline Parotte, politologue de l’université de Liège et auteur de "L’Art de gouverner les déchets hautement radioactifs. Analyse comparée de la Belgique, la France et le Canada", pointe trois aspects de la gestion des déchets nucléaires qu’il faut garder en tête lorsque l’on se penche sur le sujet. 

 

1/ La longévité des déchets

Difficile de réellement se rendre compte, de prendre conscience de cette longévité des déchets nucléaires lorsque nos vies en tant qu’humain vont rarement au-delà de 100 ans. Pour les déchets, il faut parler en centaine, voire en millions d’années.  Et le problème, c’est justement que cette durée de vie de la dangerosité des éléments n’est pas équivalente à celle des structures de confinement qui ont pu être envisagée. Finalement la solution à moindre risque, serait le sous-sol, mais plus par défaut qu’autre chose. "Dès 1974, on s’est penché en Belgique sur le sujet. Très vite, on s’est rendu compte que la chose la plus stable, était finalement le sous-sol. Le dépôt géologique s’est comme ça rapidement imposé au niveau national et international d’un point de vue scientifique et technique, comme LA solution" explique Céline Parotte au micro d’Au bout du jour.  

 

2/ La notion de gestion des déchets

Si la longévité des déchets nucléaires est difficile à prévoir, la quantité de déchets à anticiper est elle aussi très floue (puisque cela va aussi dépendre de notre sortie ou non du nucléaire et de toute sorte d’autres facteurs). 

Pour l’instant, la gestion se fait au sein même des sites nucléarisés, que ce soit par l’entreposage à sec ou dans les piscines, explique l’experte. Mais ce n’est que temporaire. 

A l’avenir, les déchets radioactifs devraient probablement se retrouver sous terre.  

Si le dépôt géologique est pour l’instant fortement soutenu par l’ONDRAF, cette option n’a pas encore été avalisée par le gouvernement fédéral.

Mais de toute manière, il n’est pas question d’enfouir les déchets, de fermer la porte et de les perdre de vue.  Non, insiste Céline Parotte, on parle bien de gestion des déchets, ce qui implique forcément un engagement sur le long terme. Il faudra par exemple veiller à l’étanchéité des installations, la stabilité des terrains, etc.

 

3/ La catégorisation en déchet ou en ressource

Pour tenter d’y voir plus claire dans le volume de déchets dont il faudra se charger, il faut pour cela savoir exactement ce que représente un déchet. A l’avenir, un combustible usé pourrait-il être une ressource revalorisée ? interroge l’auteur.  Actuellement, c’est l’industrie du nucléaire elle-même qui est libre de dire si elle considère que le combustible usé est une ressource potentiellement valorisable, ou au contraire si il est de l’ordre du déchet hautement radioactif. Et ce choix, n’est pas innocent. "Quand la qualification change, les rôles et l’implication des acteurs se modifient également" explique Céline Parotte.

"Si l’industrie estime que son combustible peut devenir un déchet hautement radioactif, alors l’ONDRAF a son mot à dire dans la gestion à long terme de celle-ci. Par contre, si le déchet est qualifié comme source re valorisable, alors l’ONDRAF ne peut intervenir sur le sujet, puisque ce n’est pas un déchet à proprement parler" précise-t-elle.  

 

Quelle place pour les acteurs de la société civile dans le débat sur la gestion des déchets nucléaire ?

Où en sont les Français et Canadiens dans leurs réflexions ? Et que pouvons-nous apprendre de leur démarche ?

Ecoutez l’intervention de Céline Parotte dans Au bout du jour, en intégralité.

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